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Alpes de Haute-Provence : Les Républicains, ou le remake d’un jour sans fin

POLITIQUE / Bérengère Bonnafoux déléguée de la 1ère circonscription rend son tablier, et dénonce un parti en déshérence.

 

-Alpes de Haute-Provence-

 

Si le parti Les Républicains était un film, il serait certainement le remake politique du film « Un jour sans fin », ou l’histoire d’un homme qui à chaque fois que son réveil sonne, revit toujours la même journée… Avec dans les Alpes de Haute-Provence, à chaque jour le témoignage d’un élu ou d’un représentant qui dénonce, en off ou à visage découvert, un modèle politique qui ne tourne plus rond.

 

« Je n’y trouve plus mon compte, il n’y a pas de travail en commun »

Poussée à aller jusqu’au bout de sa démarche de candidate à l’élection interne des représentants de circonscription, qu’elle aura remportée, Bérengère Bonnafoux aura été loyale jusqu’à cette fin d’année 2016. Mais elle rend aujourd’hui son tablier, faute de « cohérence politique » dans son parti. Et c’est sans détour qu’elle témoigne sur Alpes 1 des prélats qui l’ont amenée à faire ce choix.

« Je ne supporte plus la triche, l’utilisation de fichiers internes pour des élections, et je constate également un manque de suivi en interne alors même qu’on m’a reproché de n’être pas assez présente sur le terrain », explique t-elle sur Alpes 1. L’ancienne déléguée de première circonscription sera remplacée à l’issue du bureau politique organisé le 3 février prochain, sans que l’on sache à cette heure qui pourrait être candidat et dans quel contexte s’organisera cette élection.

« J’ai interpellé plusieurs fois Paris sur notre situation départementale, mais à part être renvoyée de bureau en bureau, je n’ai jamais reçu de réponse », poursuit-elle. Pour Bérengère Bonnafoux, son action a été accomplie jusqu’au bout : « on m’a demandé d’être présente jusqu’à la primaire  je l’ai fait (…) j’ai bien essayé d’organiser des réunions, mais par deux fois, elles ont été annulées sans explications ».

Ce que dénonce l’ancienne représentante est l’omniprésence d’une « politique alimentaire », comprenez par là des candidats qui souhaitent être élus sans avoir jamais connu la vie professionnelle. Un reproche qui a souvent été fait au président du parti LR dans les Alpes de Haute-Provence, Sébastien Ginet, également candidat aux législatives sur la 2ème circonscription. « En ce qui me concerne, je ne vis pas de la politique mais bien de mon travail », continue Bérengère Bonnafoux qui refuse les leçons données sur des règles que devraient suivre les citoyens, « il faudrait déjà que notre parti se l’applique à lui ».

Preuve selon elle que le parti ne tourne pas rond, « même Paris ne suit pas la fédération lors des désignations des candidats aux législatives ».

 

Amère, mais toujours chez Les Républicains

Celle qui fut représentante des Jeunes Les Républicains et candidate aux élections départementales, semble aujourd’hui régler des comptes, que beaucoup partagent en silence dans le département. Mais elle ne souhaite pas pour autant quitter sa famille politique, et compte être présente sur le terrain « autant que ma vie professionnelle et privée me le permettra » pour soutenir les futurs candidats. Bérengère Bonnafoux insiste toutefois, tant que le parti « ne changera pas et ne se remettra pas en question, on prendra des vestes électorales ».

 

Un bureau politique sous forme de règlement de comptes ?

Organisé à Malijai, l’un des points abordés ce soir-là sera les exclusions à venir au sein du parti. Et déjà, certains dénoncent, des « méthodes d’entre-soi politique », pressentant que leur nom pourrait figurer sur cette liste. « On dit des vérités on est écartés (…) ils devraient nous remercier puisque c'est à force de ne jamais se concerter qu'on en est arrivé là, le parti est encore plus divisé que du temps de Lanfranchi », s’insurge l’un de ses frondeurs de la méthode « Spagnou ». Car « qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien lui qui dirige le parti », insiste encore un intéressé. Quand d’autres réclament « la démission » de la secrétaire départementale, Éliane Barreille.