Hautes-Alpes : 25 ans de prison requis à l'encontre d'Omar F.

Hautes-Alpes : 25 ans de prison requis à l'encontre d'Omar F.

JUSTICE / L'Irakien de 26 ans comparait depuis ce lundi devant la Cour d'Assises des Hautes-Alpes pour l'assassinat de Gilbert Félix, cet homme de 70 ans retrouvé mort dans son appartement gapençais en août 2018

 

- Hautes-Alpes -

 

L’honneur vient bien entendu à la partie civile et au conseil de Marie-Christine Félix, la sœur de la victime. « Quel a été son choc quand on lui a annoncé le décès de son frère, son unique frère », déclare en introduction maitre Kader Sebbar. Un frère avec qui elle a pris soin de leurs parents jusqu’à leur dernier souffle mais aussi un frère dont l’homosexualité a créé une scission dans leurs rapports. Quoi qu’il en soit, « un crime de sang » a eu lieu rappelle l’avocat de la partie civile qui demande de ne retenir aucune circonstance atténuante même si l'accusé mérite la compassion vu son passé difficile en Irak. Une compassion certes mais « s’il est dans ce pétrin, c’est qu’il l’a voulu », conclut l'avocat avant les réquisitions du ministère public.

 

« Il sortira un jour de prison mais j’espère que ça sera le plus loin possible », maitre Kader Sebbar

 

Pour l’avocat général, il n’y a pas de doutes sur la préméditation de ce crime. Il est caractérisé selon lui par l’achat d’un couteau quelques heures avant le passage à l’acte puis plus de 24 blessures causées par cette arme blanche. Ne demandant pas la perpétuité, Sébastien Bautian requiert par contre 25 ans d’emprisonnement couplés avec l’interdiction de posséder une arme soumise à une autorisation et à une interdiction définitive du territoire français. Une peine considérée comme « proportionnée et juste pour préserver l’ordre public dans une petite ville comme Gap et rendre à Monsieur Félix sa dignité ».

 

« Séparer les faits, c’est insulter la vérité », maitre Grégoire de Pétiville

 

Une sévérité que réprouve l’avocat d’Omar.F. « Au-dessus de 16 ans, ça parait irrecevable », plaide-t-il car le contexte et son parcours de vie doivent permettre de personnaliser la peine pour un crime dont il ne nie pas la culpabilité. « Comment mon client peut être plus puni que Nordahl Lelandais qui a récemment écopé de 20 ans de prison pour le meurtre d’Arthur Noyer ? » ? s’interroge maitre Grégoire de Pétiville. Sans aucune préméditation, il considère que son client n’est pas un monstre mais un jeune homme fragile qui n’a pas géré ses émotions de honte et de colère après le viol qu’il dit subir. Les derniers mots du procès sont finalement revenus à Omar.F : « Je regrette d’avoir donné la mort à Monsieur Félix. Je le regretterai toute ma vie ».

 

C.Lourenço