Hautes-Alpes : dans la tête d’un accusé des Assises

Hautes-Alpes : dans la tête d’un accusé des Assises

JUSTICE / Trois jours de procès ont débuté ce lundi devant les Assises des Hautes-Alpes à Gap pour l'assassinat de Gilbert Felix en août 2018 à Gap par Omar F.

 

- Hautes-Alpes -

 

Dans la tête d’un accusé des Assises. Présenté ce lundi et ce pour trois jours devant la Cour d’Assises des Hautes-Alpes à Gap, Omar.F était au cœur des débats de cette première journée. De son enquête de personnalité à son expertise psychologique en passant par sa relation amoureuse avec son ex- petite amie, le tribunal a essayé de mieux comprendre cet Irakien de 26 ans qui est poursuivi pour l’assassinat de Gilbert Félix en août 2018 à Gap

 

Un homme réticent à se livrer

« L’Irak, c’est trop dur pour moi ! La guerre, la violence… Je suis venu ici pour aider ma mère, c’est tout ! », déclare ce refugié arrivé sur le territoire en 2015. Ce sont les rares propos qu’il a bien voulu livrer lors de son procès. Une réticence à partager son parcours de vie, qui se reflète lors de son entretien avec l’enquêtrice de personnalité. Présente à la barre ce lundi, elle met en avant ses réponses évasives avec pourtant une compréhension de la langue française qui n’est pas remise en cause. D'ailleurs, dans le box des accusés, Omar.F n’a pas eu besoin d’un interprète, ce dernier est resté muet mais malgré tout présent lors de l’audience. Pour le coup, la juriste aura rapporté bien plus de fois les propos des trois personnes qui ont été interrogées que les siens. Que ce soit l’homme qui a aidé Omar lors de son arrivée à Aspres sur Buëch ou ses deux collègues de travail au sein de l’association gapençaise « Les Environneurs », qui décrivent un homme « poli, travailleur, ponctuel mais hypocondriaque avec une vraie crainte de contracter le VIH ».

 

Un homme qui se sent plus victime que la victime elle-même

La question de la sexualité de l'Irakien a bien entendu été relevée par Christian Roux, l’expert psychologue entendu en visio-conférence. Omar F. affirme avoir été violé par la victime, il met en avant des pensées suicidaires car « un agressé sexuel n’a pas de place sur Terre selon ses conceptions culturelles ». Une véritable culpabilité qu’il ressent bien plus pour lui que pour Gilbert Félix dont il ne nie pas l’assassinat. « Il n'y avait pas d’autres choix pour lui que sa mort », explique le psychologue, un passage à l’acte que l'accusé essaye de rationaliser en se présentant comme un homme ordinaire qui a commis une erreur. Une erreur qui peut lui coûter jusqu’à 30 ans d’emprisonnement.

 

Un homme également poursuivi pour abus de confiance

Son ex-petite amie a été ce lundi la dernière personne à se présenter à la barre. Visiblement impressionnée par le tribunal, elle a eu du mal à s’exprimer en enchainant les banalités comme « il n’était pas méchant » ou « ça m’a fait un choc, j’étais surprise ». Une liaison qui a cependant laissé des traces psychologiques. Tombée enceinte de l’accusé, elle a avorté car il lui semblait inconcevable de garder l’enfant d’un meurtrier même si elle se disait prête à être mère. Notez finalement qu’en plus du chef d’accusation d’assassinat, Omar.F est également poursuivi pour abus de confiance envers cette dernière après avoir effectué un emprunt à durée indéterminée de son véhicule dans le but de s’enfuir.

 

C.Lourenço