Alpes du Sud : où ira la part du gâteau Mélenchon ?

Alpes du Sud : où ira la part du gâteau Mélenchon ?

POLITIQUE / Alors que l'électorat de la France Insoumise vit ce second tour comme un véritable dilemme, le front républicain n'est pas mort pour les élus des Alpes du Sud

 

- Alpes du Sud -

 

Où ira la part du gâteau Mélenchon ? Le premier tour de l’élection présidentielle a rebattu les cartes du paysage politique du pays avec trois blocs distincts. Les deux électorats d'Emmanuel Macron (27,8%) et de Marine Le Pen (23,1%) ont permis à leur candidat de se qualifier pour le second tour. Dans le rôle de juge de paix de cette élection, on retrouve donc les Français qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, 21,9% des suffrages. C’est d’autant plus le cas sur le territoire car le candidat insoumis pointe à la seconde place dans les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute-Provence.

Au regard de ce premier tour, deux sentiments bousculent les électeurs de Jean-Luc Mélenchon : la déception de ne pas être au second tour et la satisfaction d’avoir réuni ce qu’on appelle communément le « peuple de gauche ». Désormais éliminés de la course à l’Élysée, ils ont un choix cornélien à faire entre Emmanuel Macron et Marine le Pen selon Alain Paulien, représentant de la France Insoumise des Alpes de Haute-Provence. « Il vaut mieux éviter au maximum de voter pour Le Pen qui est la peste mais est ce que le choléra que représente Macron, c’est mieux ? », déclare le militant insoumis, qui n’hésite pas à pencher pour l’abstention ou le vote blanc.

 

« Les deux options sont très mauvaises », A. Paulien

 

Quid du fameux front républicain alors ? Il n’existe tout simplement plus pour l’un des porte-paroles du parti. « Macron sert les plus riches en prenant aux plus pauvres dans un État policier ! Ce n’est pas la République et la dictature arrive ! », clame Alain Paulien. Des propos forts qui montrent bien le dilemme de cet électorat à l’aube de ce second tour, à coup sûr bien plus indécis que celui de 2017.

 

Même si pour les Insoumis, la défiance semble de mise, le front républicain ne semble pas mort dans nos territoires

L’une des premières réactions à l’issue de ce premier tour est celle de Camille Galtier. Ce dimanche soir, le maire Les Républicains de Manosque n’hésitait pas à apporter clairement son soutien à Emmanuel Macron ajoutant même quelques heures plus tard, « quand j’entends certains élus de droite se réclamant du Gaullisme, de Chirac ou de Nicolas Sarkozy, ne pas vouloir prendre position face au RN, je me dis que les Républicains sont finis ».

Lui aussi est clair, et ne laisse pas la place à l’ambiguïté. « Je n’ai jamais voté pour l’extrême droite donc je voterai pour Emmanuel Macron en toute conscience » souligne sur Alpes 1 Roger Didier, maire de Gap et co-président du Comité de soutien dans les Hautes-Alpes à Valérie Pécresse.  Même chose pour l’autre président de ce Comité de soutien, Jean-Marie Bernard. Le Président du Département des Hautes-Alpes votera « à titre personnel » pour Emmanuel Macron, « à la tentation des Français pour les extrêmes aujourd’hui, je réponds par un appel à un travail collectif pour reconstruire une Droite républicaine, forte de ses valeurs, traditions et ambitions pour notre Nation. »  

Autre positionnement en faveur du Président sortant, celui du sénateur bas-alpin divers gauche, Jean Yves Roux, « la situation internationale exige un président sérieux, respectueux de nos partenaires européens, exigeant avec nos valeurs républicaines ».

Delphine Bagarry, élue députée des Alpes de Haute-Provence en 2017 avec l’étiquette En Marche avait à la mi-mandat rejoint le collectif Écologie Démocratie Solidarité. Si elle n’appelle pas à voter pour LREM, elle indique qu’elle votera « pour faire barrage à Marine Le Pen et au Rassemblement National » soulignant que « l’extrême droite est un péril pour notre démocratie devant lequel nous ne pouvons pas hésiter ».

 

« Mon vote ne sera pas pour autant un blanc-seing donné au président sortant », J.-M. Arnaud

 

Le sénateur des Hautes-Alpes annonce qu'il apportera son suffrage à Emmanuel Macron car le programme de Marine Le Pen « reste d’extrême droite ». Mais Jean-Michel Arnaud tient à préciser au micro d’Alpes 1 que « Emmanuel Macron doit changer sa façon d’exercer le pouvoir et doit entendre l’ensemble des Françaises et des Français qui se sont majoritairement tournés vers des candidats protestataires ».

 

Des soutiens indéfectibles à Emmanuel Macron

Alors que Marine Le Pen ne peut pas compter sur le soutien d’élus d’envergure des Alpes du Sud, ce n’est pas le cas d’Emmanuel Macron. Sans surprise, Chantal Eyméoud, maire d’Embrun et vice-présidente de la Région se satisfait de ce premier tour, « mais rien n’est joué. L’extrême droite peut l’emporter » déclare-t-elle  à la rédaction d'Alpes 1. Elle appelle donc à la mobilisation alors que l’abstention est à plus de 22% sur les Hautes-Alpes.

En parallèle, Arnaud Murgia, qui s’est mis en retrait des Républicains, apporte de nouveau son vote au candidat En Marche. « En temps de crise et de guerre, on ne change pas le capitaine à la barre » lance une nouvelle fois le maire de Briançon. Bien sûr, les députés En Marche des Alpes du Sud invitent les électeurs à renouveler leur confiance pour Emmanuel Macron. Pour la députée des Hautes-Alpes, Pascale Boyer, il s’agit notamment de voter pour un candidat « qui porte un projet de progrès et d’ouverture et d’indépendance de la France ». Pour le député bas-alpin et Président du Groupe LaRem Christophe Castaner, son projet est « crédible, réalisable et surtout ambitieux quand celui de Marine Le Pen n'amènera que la division dans notre pays ».

 

C. Lourenço/A. Vallauri