Hautes-Alpes : présidentielles, Macron en tête, Mélenchon second

Hautes-Alpes : présidentielles, Macron en tête, Mélenchon second
© Thibaud Durand / Alpes 1

POLITIQUE / Coup dur pour la droite départementale, avec la candidate Pécresse qui parvient tout juste aux 6 %. Les Hautes-Alpes sont le seul département qui résiste à Marine le Pen en région PACA

 

- Hautes-Alpes - 

 

Les élections présidentielles ont donc donné rendez-vous aux Français ce dimanche. 1er tour de ces élections nationales, qui décideront du chef de l’Élysée pour un nouveau quinquennat. Ils étaient 113.000 dans les Hautes-Alpes à être appelés dans les isoloirs.

 

Jean-Luc Mélenchon, seconde force politique haut-alpine

Premier enseignement : l’abstention, de plus en plus forte. Plus de 22 % dans les Hautes-Alpes, contre 19 % il y a cinq ans. Ça reste moindre que sur le plan régional, à hauteur de 26 %. Second enseignement : le scénario national n’est pas suivi. Si Emmanuel Macron arrive en tête dans l’Hexagone, suivi de la candidate du Rassemblement National, dans nos deux départements, l’exemple français n’a pas fait loi. Dans les Hautes-Alpes, c’est effectivement le président candidat qui arrive en tête à 23,8 % des suffrages exprimés. Mais la seconde force politique du département est Jean-Luc Mélenchon à 22,87 %, devant Marine le Pen à 22,84 %. Ce sont seulement 22 voix qui départagent la France Insoumise du Rassemblement National.

Troisième enseignement : coup dur pour la droite départementale. Notamment pour Jean-Marie Bernard. Le numéro 1 des Hautes-Alpes était le co-président du comité de soutien à Valérie Pécresse. Mais la candidate LR ne totalise que 5 % des bulletins départementaux. L’autre co-président de ce comité, Roger Didier, le maire de Gap, voit sa ville donner Emmanuel Macron gagnant avec 26 % des suffrages devant Jean-Luc Mélenchon et Marine le Pen dans un mouchoir de poche. La capitale douce n’a rien de tendre avec la candidate Pécresse qui parvient tout juste aux 6 %. 

 

Le paysage politique en pleine explosion

Si la droite de Les Républicains ne fait plus force, que dire aussi du Parti Socialiste ? S’il avait connu ses heures de gloire en 2012 dans les Hautes-Alpes avec la candidature de François Hollande sortie gagnante du second tour, suivie par une législatives laissant une vague rose déferler sur les deux circonscriptions, 10 ans plus tard aux présidentielles, Anne Hidalgo ne parvient même pas aux 2 %, devant se contenter d’être derrière les communistes et les écologistes. Et même derrière le député des Pyrénées, Jean Lassalle.

 

Les résultats dans les villes haut-alpines

Gap : Emmanuel Macron en tête avec 26,15 % des suffrages, devant Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen dans un mouchoir de poche avec 21 %. 

 

Briançon : la ville fortifiée a certainement rappelé au maire en place Arnaud Murgia, ancien LR qui a appelé à voter Emmanuel Macron, que ses racines sont de gauche. Jean-Luc Mélenchon est l’homme fort de ces suffrages (27,58 %) devant Emmanuel Macron (24,15 %) et Marine le Pen (20,22 %).

 

L’Argentière la Bessée : on savait l’Argentiérois être une terre de gauche. On savait aussi L’Argentière la Bessée être la terre du Ministre de la Cohésion des Territoires, Joël Giraud. Mais ce dimanche 10 avril, l’Argentière la Bessée aura été la terre de La France Insoumise, qui sort largement gagnante des isoloirs avec 33,52 % des suffrages, devant La République en Marche (19,6 %) et le Rassemblement National (18,26 %).

 

Embrun : là aussi, c’est une ville gouvernée par une édile qui préside le mouvement « Horizons », l’un des soutiens politiques d’Emmanuel Macron. C’est une maire que l’on a vue aux côtés du président candidat. Mais la ville de Chantal Eyméoud aura donné Jean-Luc Mélenchon gagnant des urnes (26,68 %) avec une très faible avance sur Emmanuel Macron (26,34 %).

 

Chorges : la ville réitère la donne. Marine le Pen était arrivée en tête du premier tour en 2017, elle arrive à nouveau en tête en 2022 (26,76 %). Même scénario : Emmanuel Macron est le deuxième homme des suffrages cathuriges suivi de Jean-Luc Mélenchon.

 

Savines le Lac : la commune semble avoir perdu sa boussole politique. Il y a cinq ans, les voix se départageaient entre Marine le Pen et Nicolas Dupont Aignan. Un résultat presque logique puisque le maire, Victor Berenguel, avait annoncé rallier le parti de Debout la France. Mais cinq ans plus tard, l’édile est désormais le suppléant de la candidate LR pour les législatives Carole Chauvet. Le marqueur reste à droite, mais plus à droite que Valérie Pécresse qui ne dépasse même pas les 5 % de voix. Marine le Pen frôle les 25 %, devant Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

 

Laragne-Montéglin : dans cette commune, la candidate du Rassemblement National n’est pas loin d’atteindre le tiers des voix (32,53 %). À plus de 12 points derrière, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.

 

Veynes : la commune reste sur ses rails politiques. Le terreau est de gauche, le vote pour le premier tour des présidentielles est de gauche avec Jean-Luc Mélenchon pour la France Insoumise qui totalise 28,54 % des voix, devant le Rassemblement National (23,05 %) et La République en Marche (20,58 %).

 

Tallard : 2017-2022, les scénarii restent identiques avec Marine le Pen qui passe la barre des 33 %. Emmanuel Macron doit se contenter de 21,40 % sur la terre du sénateur haut-alpin Jean-Michel Arnaud et Jean-Luc Mélenchon ne dépasse pas les 18 %.

 

 

C. Cava Michard