Hautes-Alpes : il voulait tuer son voisin parce qu'il n'aimait pas le rap

Hautes-Alpes : il voulait tuer son voisin parce qu'il n'aimait pas le rap

JUSTICE / Reconnu coupable de violences avec arme, ce Gapençais de 36 ans possédait chez lui quatre armes à feu, 90 munitions et surtout un système artisanale incendiaire

 

- Hautes-Alpes -

 

En possession d’un véritable arsenal artisanal, il « vrille » parce qu’il n’aime pas le rap. Un individu de 36 ans a été jugé et reconnu coupable ce lundi par le tribunal correctionnel de Gap pour violences avec arme n’entrainant aucune journée d’ITT. Un procès qui fait suite au renvoi demandé par son avocate dans le cadre de la comparution immédiate afin de demander une expertise psychologique ô combien révélatrice de sa personnalité.

 

Un homme violent incapable de dialogue

C’est une histoire qui aurait pu finir bien plus mal en ce début septembre à Gap lorsqu’un homme menace avec une arme à feu son voisin, professionnel de musique. Car c’est sa musique et son rap, entendus depuis le studio de la victime de 28 ans installé dans la cave, qui déclenche tout. Las du bruit qu’il juge insupportable, le mis en cause a décidé de tirer une fois dans le couloir de la cave afin d’intimer le silence. Une réaction disproportionnée pour cet homme qui ressent une persécution imaginaire et qui a pour seule réponse la violence selon l’expert psychologique. Cette violence va encore plus loin lorsqu’il croise finalement la victime accompagnée de son petit frère de 20 ans quelques minutes après et qu’il le met en joue avec son pistolet modifié qui s’enraye fort heureusement lorsqu’il tire. En effet, il s’avère être un armurier en herbe car lors de la perquisition à son domicile, on y retrouve quatre armes à feu, 90 munitions et surtout un système artisanal incendiaire destiné à faire exploser le studio de musique.

 

« Je ne regrette pas encore les faits », le prévenu

 

Une altercation traumatisante pour cet ingénieur son avec des mots forts de la part de son avocat, « il est mort ce jour-là mais un hasard lui a permis de vivre ». Mettant en avant l’altération du discernement, la défense a plaidé pour une peine aménagée avec des soins et un accompagnement. À l’instar des réquisitions du substitut du procureur, le délibéré n’a cependant pas opté pour la clémence en le condamnant à 2 ans de prison dont un an avec sursis avec une mise à l’épreuve de 16 mois. À cela s’ajoute une obligation de soins et de travail ainsi qu’une interdiction de contact avec la victime et de porter une arme durant 10 ans.

 

C.Lourenço