Hautes-Alpes : le meurtre de la Placette à Gap aux Assises

Hautes-Alpes : le meurtre de la Placette à Gap aux Assises

JUSTICE / Quentin Bonnafoux, 23 ans, comparait pour le meurtre de son ami d'enfance, Yvan Belinga. Il a avoué l'avoir tué avec une serpette en 2018 dans leur appartement, 43 coups avaient été relevés sur le corps de la victime

 

- Hautes-Alpes - 

 

C’est un dossier sordide et sanglant qui arrive devant la Cour d’Assises des Hautes-Alpes ce jeudi et vendredi. Quentin Bonnafoux, 23 ans, comparait pour le meurtre de son ami d’enfance Yvan Belinga. C’était en 2018, l’affaire dite de la Placette à Gap animera les débats pendant deux jours, avec un accusé qui a multiplié les versions pour expliquer son geste meurtrier.

 

Une dispute à l'origine du drame ?

Sur le corps décomposé d’Yvan, ce n’est pas moins de 43 coups de serpette qui ont été relevés par le médecin légiste. Un véritable acharnement que Quentin a reconnu dès son interpellation. Nous sommes en mars 2018, les deux hommes, amis depuis le collège à Guillestre et impliqués dans un trafic de stupéfiants sur la commune, décident d’étendre leur réseau à Gap. Ils visitent alors un appartement à la Placette, et s’y installent début avril. Yvan y vit, Quentin le rejoint le week-end. Une colocation qui ne durera que quelques jours. Les deux hommes se disputent-ils à propos d’un vol d’argent provenant du trafic ou d’une enquête judiciaire les concernant ? Les versions données par l’accusé diffèrent selon les auditions. Une dispute entrainera Quentin à asséner des coups mortels à Yvan, au moyen d’une serpette prise chez son grand-père.  Nous sommes entre le 7 et le 8 avril.

 

Le corps retrouvé trois mois après les faits

15 jours après les faits, la voisine des colocataires se plaint auprès de leur propriétaire d’une odeur nauséabonde émanant de leur salle de bains. Quentin explique qu’il s’agit de poubelles qui n’ont pas été jetées. Le soir même, il dérobe une voiture à sa société, et charge dans un sac à gravât le corps de son colocataire. Il le conduira jusqu’à Saint Crépin avant de le jeter dans un taillis. Ce n’est que le 15 juin, alors que plus aucun loyer n’est payé au propriétaire, que la famille de Quentin se rend à l’appartement. C’est un serrurier qui ouvre la porte, et là, une scène d’horreur : une importante quantité de sang est retrouvée dans chaque pièce, du sol au plafond. Une enquête est ouverte, d’abord pour disparition inquiétante puis pour homicide.

Dans le même temps, Quentin Bonnafoux ne donne plus de signes, ce n’est que le 2 juillet qu’il est interpellé dans un train à Valence. Alors qu’il est porteur d’une arme de poing, une passagère alerte la police. Rapidement, les fonctionnaires font le lien avec le meurtrier présumé. Placé en garde à vue, Quentin reconnait rapidement son acte meurtrier et mène les enquêteurs sur les lieux du corps. Détenu depuis à Varces en Isère, il comparait pour meurtre, la préméditation n’ayant pas été retenue.

 

C. Cava Michard