Hautes-Alpes : Jean-Marie Bernard en défenseur du pastoralisme à la barre du tribunal

Hautes-Alpes : Jean-Marie Bernard en défenseur du pastoralisme à la barre du tribunal

JUSTICE / POLITIQUE / Deux mois d’emprisonnement avec sursis et 3.500 euros d’amende, c’est ce qu’a requis le Procureur de Gap en attendant le délibéré fixé au 12 mars prochain

 

- Hautes-Alpes -

 

L’affaire de la queue de loup a débuté il y a un peu moins d’un an lorsque le président du Conseil départemental des Hautes-Alpes offre cet appendice d'un canidé, espèce strictement protégée, à l’ancienne préfète Cécile Bigot-Dekeyzer lors de son départ le 21 février 2020. Un geste réalisé devant tous les corps constituants du département qui a l’a amené ce lundi devant le juge du tribunal correctionnel de Gap suite à la plainte de l’association Férus le 25 février 2020. 

 

Conviction politique ou volonté éléctoraliste ?

Ce sont sous les vivats des syndicats agricoles comme la FDSEA 05 et les JA 05, ainsi que les huées de ses opposants sur la question du loup, que Jean-Marie Bernard est arrivé ce lundi, légèrement en retard, à son audience. Poursuivi pour détention, transport et cession d’une partie d’une espèce protégée, le président du Conseil départemental des Hautes-Alpes garde la même ligne de conduite qu’il avait le 8 décembre dernier lors de sa convocation par le Procureur de la République de Gap, Florent Crouhy dans le cadre d’une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité. Pour l’élu haut-alpin, « il s’agit d’un acte politique pour attirer l’attention médiatique sur le problème du loup ». Il va même plus loin en affirmant qu’il préfère être à la barre plutôt qu’un paysan qui aurait tué un loup. Un message qui ne semble pas avoir convaincu les cinq associations environnementales qui se sont constituées parties civiles (FNE, SAPN, LPO, Fondation Brigitte Bardot et Le Klan du Loup). « Remettre cette queue de loup à la préfète pour faire passer un message politique, c’est consternant », clame Mathieu Victoria, avocat de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Pour l’homme de loi, ce procès ne doit pas être une tribune avec des visées électoralistes.

 

L'émotion de Jean-Marie Bernard

Dans son réquisitoire, le Procureur Florent Crouhy est tout aussi acerbe dans ses propos en rappelant notamment une interview réalisée par Jean-Marie Bernard le 20 septembre 2019 au micro d’Alpes 1. L’ancien maire du Dévoluy déclarait qu’« il faut tirer sur le loup, non pas pour les effaroucher mais pour les décimer ». Une phrase choc qui décrédibilise, pour le ministère public, la version du président du Département. En effet, ce dernier martèle qu’il ne connaissait pas la provenance de cet appendice. Il a simplement reconnu avoir transporté la queue d’un animal, l’avoir gardée huit jours et l’avoir remise à l’ancienne préfète, sans savoir qu’elle appartenait à un loup. Deux mois d’emprisonnement avec sursis et 3.500 euros d’amende, c’est ce qu’a requis le Procureur de Gap et à la sortie de l’audience, Jean-Marie Bernard s’est exprimé devant la presse avec une certaine émotion en évoquant le suicide de certains éleveurs.

 

« L’espèce en danger n’est plus le loup, c’est l’homme ! Je revendique cette action politique pour faire évoluer la réaction de l’État par rapport au loup », Jean-Marie Bernard

 

Bien que citée à comparaitre, Cécile Bigot-Dekeyzer, désormais préfète des Landes a justifié son absence par sa fonction et « les différentes crises auxquelles elle doit faire face actuellement » (Covid-19, influenza aviaire et inondations). Lui, a bien répondu à l’appel. Jean Lassalle, sénateur des Pyrénées-Atlantiques et ancien candidat à la présidentielle de 2017 est venu apporter son soutien à Jean-Marie Bernard qui sera fixé sur son sort le 12 mars prochain.

 

 

Notez que cette affaire ne coûtera pas un euro à Jean-Marie Bernard car ses frais de justice seront payés par le Département dans le cadre de la protection fonctionnelle, suite au vote réalisé lors de l’assemblée plénière de décembre dernier. Il s’agit tout simplement de l’application d’une loi présente dans le code général des collectivités territoriales. 

Le reportage de Christophe Lourenço :

C.Lourenço



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