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Projet de loi des JO d’hiver 2030 dans les Alpes : pourquoi la députée Marie-José Allemand s'est-elle abstenue ?

Projet de loi des JO d’hiver 2030 dans les Alpes : pourquoi la députée Marie-José Allemand s'est-elle abstenue ?
Projet de loi des JO d’hiver 2030 dans les Alpes : pourquoi la députée Marie-José Allemand s'est-elle abstenue ? - DR

Les députés se sont prononcés solennellement sur le projet de loi relatif à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises.

Un texte principalement technique, mais aux conséquences majeures pour les territoires alpins, sur lequel la députée des Hautes-Alpes Marie-José Allemand a choisi de s’abstenir, malgré plusieurs avancées obtenues lors des débats parlementaires. Le projet de loi a toutefois été adopté, avec 403 voix pour et 99 contre.

Dans un communiqué, l’élue socialiste rappelle que ce vote intervient après plusieurs semaines de travaux à l’Assemblée nationale, marquées par une première séquence de débats en décembre. Avec les députés du groupe Socialistes et apparentés, elle indique avoir mené un travail "exigeant et constructif" afin d’encadrer un texte aux impacts environnementaux, urbanistiques, sociaux et sécuritaires importants pour les territoires concernés.

Parmi les avancées mises en avant, Marie-José Allemand cite l’inscription des Jeux de 2030 dans une trajectoire "zéro déchet" et "zéro plastique à usage unique", présentée comme un signal fort en matière d’exemplarité environnementale. Elle souligne également la suppression de toute exonération à l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN), garantissant selon elle le respect du droit commun de l’urbanisme et la préservation des espaces naturels et agricoles.

Sur le volet de la participation citoyenne, le texte prévoit désormais que le comité d’organisation des Jeux (COJOP) organise au moins une réunion publique dans chaque commune et bassin de vie directement concernés, afin d’informer les habitants des impacts environnementaux. Des progrès ont aussi été obtenus sur l’accessibilité des transports, avec une priorité donnée aux transports ferroviaires et collectifs pour l’accès aux sites olympiques.

La députée évoque également des avancées sur le plan social et éthique : renforcement de la transparence des rémunérations au sein du COJOP, retour de parlementaires avec voix délibérative dans les comités éthiques, amélioration de la formation des volontaires, notamment sur le handicap, et garantie de mise à disposition des sportifs français convoqués pour les Jeux. D’autres encadrements concernent la publicité, l’héritage des Jeux, les conditions de travail ou encore l’accès aux voies olympiques pour les riverains et les acteurs économiques locaux.

En revanche, Marie-José Allemand fait part de fortes inquiétudes sur le volet sécuritaire du projet de loi. Elle pointe la reconduction, voire l’extension, de dispositifs expérimentaux déjà utilisés lors des Jeux de 2024, "sans garanties suffisantes en matière de libertés publiques". Sont notamment cités la prorogation de la vidéosurveillance algorithmique, l’extension des pouvoirs des agents de sécurité et la création de nouvelles mesures d’interdiction de paraître. Malgré les propositions formulées, "aucun encadrement satisfaisant n’a pu être obtenu" sur ces points, estime-t-elle.

"Dans ces conditions, et en l’absence de garanties suffisantes de l’État sur le respect des libertés individuelles, j’ai fait le choix, en responsabilité, de m’abstenir lors du vote de ce projet de loi", explique la députée. Une abstention comme trois de ses collègues socialistes qu’elle présente comme la reconnaissance des avancées obtenues, sans pour autant cautionner un "déséquilibre persistant sur les enjeux sécuritaires".

Marie-José Allemand affirme enfin qu’elle restera "pleinement mobilisée" pour que l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 soit démocratique, durable et bénéfique pour les territoires alpins, notamment dans les Hautes-Alpes.