Alpes de Haute-Provence : rixe mortelle de Manosque, la longue agonie des victimes

Alpes de Haute-Provence : rixe mortelle de Manosque, la longue agonie des victimes

JUSTICE / Depuis ce mardi, Artur P., 44 ans, est jugé pour le double meurtre d'Andrzej et Anna, un couple de Polonais, en mai 2015 à Manosque.

 

- Alpes de Haute-Provence - 

 

Il aura mis une heure pour décéder des coups portés, elle 20 minutes. L’ambiance était particulièrement lourde ce mercredi matin au sein de la Cour d’Assises des Alpes de Haute-Provence à Digne les Bains. Une Cour où un couple de Polonais, Artur P., 44 ans, et sa compagne Agnieska W., 54 ans, comparaissent depuis une journée. Lui est poursuivi pour double meurtre, elle pour non-assistance à personne en danger. Artur P. aurait mortellement roué de coups un couple, lui aussi polonais, Andrzej Czerwonka et Anna Herda, le 29 mai 2015 rue René Char à Manosque.

 

Trois experts à la barre

Ce matin, ils étaient trois experts à être entendus par les magistrats : un professeur de médecine légale à La Timone, à Marseille, un docteur en biologie et un expert en toxicologie. Des experts qui ont immédiatement affirmé que les victimes ne sont pas mortes d’une chute, mais sous de nombreux coups forts et violents qui ont entraîné des lésions cérébrales importantes, ainsi qu’une asphyxie provoquée par l’accumulation de sang dans les poumons. Une mort qui n’a pas été rapide ou immédiate. Andrzej a mis une heure pour décéder des suites de ses blessures. L’homme présentait de nombreux stigmates de violence, avec des lésions de la face, des fractures multiples au niveau du nez, de la mâchoire et du menton, mais aussi de la base du crâne et du larynx. Certaines blessures sur les membres supérieurs laissent également penser qu’il a tenté de se défendre.

Quant à sa compagne, Anna, elle aussi présentait des fractures, notamment au niveau des côtes, du visage et de la base du crâne. Malgré les tentatives de réanimation, elle succombera 20 minutes après les coups. Autre interrogation : alors que les victimes avaient consommé de l’alcool (plus de 3 grammes/litre) et étaient également sous l’emprise d’antidépresseurs, cela aurait-il pu avoir une incidence sur le décès ? Aucune pour les experts, la mort est bien intervenue suite à des lésions cérébrales d’origine traumatique.

 

La défense avance l’hypothèse d’une agression par d’autres individus

Pendant ces descriptions traduites par l’interprète, Artur P. ne change pas d’attitude, et regarde l’audience et les experts qui défilent à la barre avec un air glacial, lui qui était décrit par l’enquêteur de Manosque ce mardi comme « un homme féroce ». Alors que l’avocat de la défense tente, lui, de déterminer si ces violences ont pu être commises par plusieurs individus. En effet, pendant les auditions, Agnieska W., la compagne de l’accusé, avait déclaré qu’une rixe entre les victimes et trois individus avaient éclaté, pendant qu’Artur était au Monoprix pour acheter de l’alcool. Une hypothèse rejetée par l’enquête : sur ce petit espace vert où les victimes ont perdu la vie, seules les traces de pas d’Artur, Agnieska, Anna et Andrzej ont été définies.

Reste désormais à déterminer si l’avocat d’Artur tentera de défendre l’innocence de son client, alors que les experts sont formels : les traces d’ADN et de sang retrouvées sur son pantalon et ses chaussures immédiatement après les faits correspondent au couple.

 

C. Michard / M. Bonnefoy

 



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