Hautes Alpes : J-M.Bernard devant le tribunal dans l'affaire de la queue de loup

Hautes Alpes : J-M.Bernard devant le tribunal dans l'affaire de la queue de loup

JUSTICE / POLITIQUE / Le président du Conseil départemental des Hautes Alpes sera convoqué devant le tribunal correctionnel de Gap le 15 février prochain

 

- Hautes Alpes -

 

Voici un « cadeau » qui commence à causer bien des soucis au président du Conseil départemental des Hautes Alpes, Jean-Marie Bernard. À l’occasion du départ de la préfète Cécile Bigot-Dekeyzer le 21 février dernier, l’élu lui avait offert une queue de loup pour symboliser la problématique qu'il pose sur le département. Quelques mois plus tard, ce geste que l'élu considère comme symbolique et politique devient une affaire judiciaire avec sa convocation ce mardi matin par le Procureur de Gap. 

 

Une procédure judiciaire ou un débat politique ?

Poursuivi pour détention, transport et cession d’une partie d’une espèce protégée, Jean-Marie Bernard s'est donc rendu au tribunal de Gap afin de s’expliquer dans le cadre d’une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité. Sans surprise, le président au Conseil départemental des Hautes Alpes nie les faits qui lui sont reprochés, martelant qu’il ne connaissait pas la provenance de cet appendice. Il reconnait juste avoir transporté la queue d’un animal, de l’avoir gardée huit jours et de l’avoir remise sans savoir qu’elle appartenait à un loup. Par conséquent, l’élu sera convoqué le 15 février prochain devant le tribunal correctionnel de Gap. L’opportunité pour Jean-Marie Bernard de déplacer le débat sur le plan politique car il n’a rien, selon lui, à se reprocher.

 

« Cette espèce n’est plus en danger et ne devrait plus être protégée comme elle l’est aujourd’hui », Jean-Marie Bernard

 

Cette convocation devant la justice a été l’opportunité pour une quarantaine d’agriculteurs de se réunir afin de soutenir l’élu qui a toujours était un partisan de leur cause dans ce débat. Un véritable porte-parole politique alors que la situation continue d’être problématique pour les éleveurs haut-alpins qui ont déjà déploré près de 1.200 victimes du loup depuis le début de l’année. « Ça a encore été un été noir avec plus d’une attaque par jour sur le département », explique Édouard Pierre, président des Jeunes Agriculteurs des Hautes Alpes.

Moins nombreux mais malgré tout présents, les défenseurs de la cause animale avec notamment l’association « One Voice » ont réussi à faire entendre leur message. Un discours qui regrette l’impartialité d’un élu et qui n’hésite pas à pointer du doigt les failles des agriculteurs. « Les éleveurs ne savent plus protéger leurs troupeaux. Quand on met le supermarché devant le nez du loup, il se sert ! », réagit Nathalie Hue-Courtin, représentante du Parti animaliste des Alpes de Haute Provence.

 

Pour rappel, ce sont les associations Férus et France environnement qui ont démarré les démarches judiciaires de cette affaire en portant plainte auprès du Procureur Florent Crouhy. Le reportage de Christophe Lourenço : 

 

C.Lourenço



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