-Alpes du Sud -
Avez-vous déjà entendu parler de l’huile de cameline ? C’est une huile végétale chargée d’acides gras essentiels très utilisée pour les crèmes pour la peau et aussi en cuisine. Cela tombe bien, cette plante pousse très bien dans les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute-Provence.
Depuis Lardier-et-Valença, lieu stratégique à la frontière entre les deux départements, l’Huilerie des Alpes a un projet : développer des huiles végétales grâce aux productions bio des Alpes du Sud. Finie l’huile d’olive pour les salades et les poissons blancs. Place à l’huile de cameline dans vos assiettes selon Mathieu Sourte, technico-commercial de l’Huilerie des Alpes.
« Lors d’une dégustation, en plaisantant j’ai dit que personne ne devait sortir sans avoir goûté cette huile. Tout le monde est reparti avec une bouteille. » M. Sourte
L’entreprise produit au total sept huiles depuis un an. La cameline a la côte. Ce qui est au départ un tuteur pour les plantations de lentille est devenu la mascotte de l’entreprise pour Antoine Ripol, gérant de l’Huilerie des Alpes.
« Les graines produise une huile très riche en oméga 3. Elle a un goût intéressant proche de l'asperge ou du chou. C'est une plante qui se cultive très bien sur le massif alpin et c'est justement l'objectif de notre huilerie : relocaliser les productions agricoles », A. Ripol
Rémunérer justement les agriculteurs
Son prix ? 7 euros pour une bouteille de 25 centilitres. C’est plus cher que du tournesol ou du colza mais cela permet aussi de rémunérer les agriculteurs et agricultrices comme Aurore Belée, située au Sauze du Lac. Venue à cette visite d'exploitation ce mercredi, elle fournit depuis deux ans des graines de cameline à l’Huilerie et y trouve son compte.
« On sème les graines au printemps avec la lentille ou le sarrasin en double culture. Cela peut faire valoriser le champ de 30% de plus », A. Belée
Car l’huilerie des Alpes souhaite avant tout bien rémunérer les agriculteurs qui produisent pour eux, et d’en attirer le plus possible. Produire, c’est bien, en vendre c’est mieux. Pour cela, l’huilerie tente de convaincre sur les marchés, client par client, mais aussi les cuisiniers. C’est le cas d'Elisa Carotte, cheffe pâtissière et cuisinière spécialisée dans la cuisine végétale, avec son restaurant végétarien Fane de Carotte à Gap.
« Je connais en plus l’origine des produits, et c’était très important dans mon concept de restaurant végétal. La cuisine végétale est plus économique que la cuisine animalière même si le temps de transformation est beaucoup plus long », E. Carotte