Hautes-Alpes : une catastrophe arboricole qui glace le sang des agriculteurs

Hautes-Alpes : une catastrophe arboricole qui glace le sang des agriculteurs

AGRICULTURE / Des aides de l’État, de la Région, du Département et même des intercommunalités sont plus que nécessaires pour faire face à cet épisode de gel inédit

 

- Hautes-Alpes -

 

Une catastrophe arboricole qui glace le sang des agriculteurs. Alors que la viticulture a été relativement épargnée, les gelées des nuits des 6 au 7 et 7 au 8 avril derniers ont causé des dégâts énormes sur les vergers haut-alpins. Des dégâts sans commune mesure depuis trente ans. Pour se rendre bien compte des dommages, une visite de certains vergers touchés a été réalisée ce lundi après-midi en présence de la préfète des Hautes-Alpes Martine Clavel, des parlementaires locaux et du président du Département Jean-Marie Bernard.

 

« Cela sera une année peut-être insurmontable », Jean-Christian Allard Latour, exploitant à Remollon

 

« Je suis en colère ! On commence à en avoir ras le bol ! ». C’est une colère teintée de beaucoup de désarroi qui est exprimée par cet agriculteur haut-alpin. Le désarroi d’une filière qui s’attend à avoir une récolte nulle ou extrêmement faible qui, quoi qu’il arrive, ne paiera pas les coûts de production. Représentant 40% de l’économie agricole haut-alpine et 10% de la production nationale, l’arboriculture est un secteur porteur d’emploi avec environ 2.600 équivalents temps plein et ce désastre climatique va mettre inévitablement beaucoup de personnes en péril dont les saisonniers qui connaitront une année noire. Première étape de la visite, l’exploitation de Jean-Christian Allard Latour à Remollon est dévastée et il a peur que ce soit la catastrophe de trop.

 

 

Des aides de l’État, de la Région, du Département et même des intercommunalités sont donc plus que nécessaires pour faire face à cet épisode de gel inédit. Plusieurs demandes conjoncturelles de la filière arboricole sont ainsi mises sur la table comme un élargissement du dispositif de calamités agricoles, la mise en place du chômage partiel, la prise en charge des cotisations MSA jusqu’à la récolte 2022 ou l’accès au Prêt Garanti par l’État. Des mesures d’urgence que les agriculteurs espèrent rapides alors qu’une première estimation quantitative pourra être faite sous 2 à 3 semaines. L’estimation de la perte qualitative prendra, elle, plus de temps. En attendant, la Chambre d’Agriculture des Hautes-Alpes soutient au mieux les producteurs avec un guichet unique ou en les accompagnant dans les démarches administratives. Pour son président Éric Lions, cette crise doit être également l’opportunité de se réinventer et faire évoluer le secteur à l’avenir. « C’est un dérèglement climatique où il faut qu’on travaille sur la recherche, l’innovation et anticiper ces phénomènes là en évoluant peut-être sur des variétés moins sensibles ou plus tardives ».

 

Julien Denormandie, une absence ministérielle remarquée

L’absence du ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a également été relevée par le président de la Chambre d’Agriculture en cette période de grande difficulté. On lui reproche en effet d’oublier quelque peu le sud-est du pays alors que de nombreuses invitations lui ont été envoyées pour évoquer la réforme de la PAC et le problème de la prédation.

Cet épisode de gel n’est pas qu’une particularité haut-alpine mais a touché tout le pays et y compris les Alpes de Haute-Provence. Invité du 8:30 d’Alpes1 ce lundi, la président de la Chambre d’Agriculture Fréderic Esmiol évoque une « détresse agricole et des appels d’agriculteurs en larmes ».

Le reportage de Christophe Lourenço :

C.Lourenço