Hautes Alpes : la CFDT au tribunal de Gap en soutien de quatre plaignantes d’agressions sexuelles

Hautes Alpes : la CFDT au tribunal de Gap en soutien de quatre plaignantes d’agressions sexuelles

JUSTICE / Ces quatre femmes poursuivent en justice l’ancien directeur de l’enseigne Jardiland à Gap pour agression sexuelle par personne abusant de sa fonction

 

- Hautes Alpes -

 

C’est sous les drapeaux orange de la CFDT et des pancartes avec des textes comme « non, c’est non » ou « ras le viol » que les différents acteurs de ce procès ont passé ce jeudi après-midi les portes du tribunal correctionnel de Gap. Consitué partie civile, le syndicat a apporté son soutien à quatre femmes qui dénoncent les caresses à la main, aux fesses, aux seins et les tentatives forcées de les embrasser de la part de leur ancien patron. Pour ce dernier, il s’agissait avant tout d’une attitude de séducteur. Il contredit cette version des faits même s’il concède ne pas avoir eu le comportement adéquat à son poste en voulant trop fraterniser avec son personnel.

Cette procédure a donc commencé  le 6 novembre 2017, lorsque la CFDT accompagneles deux premières femmes qui ont porté plainte puis deux jours plus tard, c’est au tour de la femme de ménage intervenant en sous-traitance dans l’entreprise. Finalement grâce à son réseau au sein de l’entreprise Jardiland, le syndicat a pu apporter un peu moins d'une semaine plus tard son aide auprès d’une quatrième personne qui dénonçait ces mêmes pratiques lorsqu’il était directeur à Montélimar en 2014.

 

« Je m’excuse auprès des parties civiles pour tout ça », l’ancien directeur de Jardiland à Gap

 

Lors de son réquisitoire, l’avocate des quatre plaignantes dont deux étaient présentes à l’audience a tenu à mettre en exergue la souffrance mentale endurée par ses clientes avec des suivis psychologiques, des déménagements loin de Gap, des arrêts maladie et même des pensées suicidaires. Un mal-être qui s’explique par le comportement d’un homme qui considère le travail comme « un terrain de chasse » selon le substitut du procureur. Il a requis une sanction exemplaire : 4 ans d’emprisonnement avec sursis accompagnés d’une mise à l’épreuve et l’interdiction de côtoyer à nouveau les plaignantes ainsi que d’être à nouveau directeur d’un magasin.

De son côté, la défense a été outrée par cette demande de peine disproportionnée et cette volonté permanente de diaboliser son client au-delà du raisonnable. Après avoir mis en avant les failles de ce dossier qu’elle considère à charge auprès du juge, l’avocate du prévenu a demandé la relaxe nette et claire. Après plus de deux heures de plaidoiries, ce procès a pris fin avec un délibéré rendu le 26 octobre prochain à 8h30.

 

C.Lourenço