Hautes-Alpes - Deuxième jour du procès en Assises de Laurent Orsini. L'homme de 41 ans comparait depuis ce lundi pour le meurtre de Fabrice Tari, un homme de 29 ans qu'il avait rencontré en prison. Les faits remonteraient au 17 juin 2010 en plein centre ville de Gap. Hier lundi, après être revenu sur les faits, le tribunal s’est intéressé à la personnalité complexe de Laurent Orsini. Un quadragénaire au passé sombre marqué par presque 15 ans de prison.
Une vie partagée entre foyers, rues et prison. Foyers tout d’abord, Laurent Orsini a perdu sa mère à l’âge de 6 ans. Mais alors que ses frères et sœurs sont recueillis par les grands parents, il est le seul à être placé en foyer. Sa famille, il va couper totalement les ponts avec eux. « A 12 ans, je voulais déjà mon indépendance », dit-il avec une certaine rancœur.
S’ensuit une période d’instabilité à la fois sociale et professionnelle. Dans un rapport de 1992 de l’association dignoise « Les Epinettes », structure d’action éducative, l’un des éducateurs qui a croisé le chemin d’Orsini inscrit qu’il « cultive une politique de l’échec, nous aurions souhaité un résultat plus probant ». La rue s’offre alors à Laurent Orsini, la mendicité également, ponctué de temps en temps par des périodes fixes, logé dans les appartements de ses rencontres. « C’est un loup solitaire », précise l’avocat général, Philippe Toccanier.
Une vie de solitude, jusqu’à 2000, où il rencontre sa femme de 20 ans son aînée. Un amour qui dure trois ans, jusqu’à la mort de cette dernière d’un cancer de l’utérus. Une période évoquée longuement par Orsini devant la Cour d’Assises, il semblerait même qu’il y ait parfois une confusion dans son esprit. Et c’est un peu le procès de l’ex-mari de sa compagne qu’il fait, en le mettant en cause dans la mort de son amour. « Il n’a eu de cesse de l’harceler », explique t-il à la barre. Et une déclaration met la puce à l’oreille du tribunal : « j’espère le pardonner. Et j’espère que Dieu me pardonnera ». Car depuis son dernier séjour en incarcération, Orsini le dit lui-même : « je suis à fond dans la religion catholique ».
A noter qu’aujourd’hui (mardi), les témoins ainsi que les experts vont se succéder à la barre de la Cour d’Assises.