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Hautes-Alpes : premier jour du procès de Laurent Orsini

Le tribunal est revenu sur les faits sanglants du 17 juin 2010.

Hautes-Alpes - Le premier jour du procès en Assises de Laurent Orsini s’est déroulé ce lundi. Cet homme de 41 ans est accusé du meurtre de Fabrice Tari, en juin 2010 à Gap. Un homme de 29 ans qu’il a connu en prison. Le procès s’est déroulé sous l’œil vigilant des forces de l’ordre. A l’entrée, une barrière assure le passage d’un seul côté, détecteurs, vigiles, policiers et une audience limitée à 40 personnes. Laurent Orsini arrive dans le box des accusés, l’air serein, on sent bien à sa voix que son procès, il ne l’appréhende pas. C’est même lui qui assure principalement sa défense, son avocate restant discrète. 

Pourtant, les faits exposés aux jurés dès les premières minutes de l’audience sont sanglants, voire même sordides. Nous sommes le 17 juin 2010, il est 23h : un homme arrive affolé au commissariat de Gap. Il s’agit d’Hadj Frih, principal témoin du meurtre présumé, qui s’est donné la mort il y a quelques semaines. « Il vient d’y avoir une boucherie », parvient-il à dire.  Très vite, les propos sont confirmés par la scène dans ce petit studio rue de France : à terre, éventré, égorgé et éviscéré, Fabrice Tari. Sur le canapé, inconscient, Laurent Orsini, il vient d’ingérer des médicaments. Le sol, l’évier et les murs sont couverts de sang et de reste d’organes. 

C’est la scène d’un déferlement de violence qui a débuté par une simple dispute, 1h15 auparavant : Orsini reproche à son compagnon de prison, Fabrice Tari, son comportement «  de merde » en détention. Pour mettre fin à la discussion, Tari répond un simple « ta gueule ». Deux mots à l’origine d’une effusion de sang… Laurent Orsini se serait alors emparé d’un couteau dérobé l’après-midi même dans un supermarché de Gap, il aurait asséné les premiers coups mais sous la violence, la lame se casse.  Par trois reprises, l’accusé aurait dû changer de couteau, à chaque fois parce que la lame se brise dans le corps de Fabrice Tari. 

Aux enquêteurs, Orsini dira qu’il « voulait se protéger de la personne qui le provoquait d’un regard ou d’un mot. Il avait un sourire narquois. J’avais cette envie depuis trois ans ». A la barre, il reconnait ce lundi « partiellement » les faits. Partiellement parce que « Hadj Frih aurait dû s’interposer, ça ne serait pas aller si loin », explique t’il au tribunal. Pourtant, selon les témoignages, l’homme l’aurait supplié de ne pas faire de mal à Fabrice Tari. Rien n’y aurait fait, même pas les supplications de la victime qui aurait hurlé avant de mourir « Laurent, arrête, je suis ton ami ».