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Centre hospitalier de Manosque : la CGT dénonce un "plan social", la direction parle de réflexion budgétaire

Centre hospitalier de Manosque : la CGT dénonce un "plan social", la direction parle de réflexion budgétaire

C'était une réunion très attendue à Manosque.

Le conseil de surveillance du Centre hospitalier intercommunal (CHI) de Manosque-Banon-Forcalquier, réuni vendredi 23 janvier, a validé l’État prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) 2026 ainsi que le plan global de financement pluriannuel 2026-2030.

Une décision qui suscite une vive opposition du syndicat CGT, dénonçant un plan d’économies aux lourdes conséquences sociales, tandis que la direction de l’établissement parle d’une démarche exploratoire encore non arrêtée.

Dans un communiqué diffusé à l’issue de la séance, la CGT affirme que les documents soumis au vote prévoient la suppression de 35 équivalents temps plein à partir du second trimestre 2026. Selon le syndicat, ces suppressions concerneraient notamment des postes d’aides-soignants, d’infirmiers, d’agents de brancardage et de personnels administratifs, ainsi qu’une réduction du recours aux remplacements et aux heures supplémentaires.

La CGT regrette également la faible présence des élus au conseil de surveillance et indique que seules deux voix se sont opposées au projet, celles de ses représentants.

Le syndicat dénonce un "plan social validé malgré l’opposition des personnels" et annonce vouloir consulter les agents pour décider des suites à donner. Il critique également la présence policière lors du rassemblement organisé en marge du conseil, jugée "disproportionnée".

De son côté, la direction du CHI de Manosque conteste toute décision définitive à ce stade. Elle rappelle que l’établissement traverse une situation financière "fortement dégradée", avec un déficit de 9,7 millions d’euros en 2025, portant le déficit cumulé à 50,7 millions d’euros, et une dette fournisseurs de 24,7 millions d’euros.

La direction précise que les mesures évoquées dans l’EPRD relèvent d’hypothèses de travail, intégrées à un document budgétaire obligatoire, et qu’aucune décision structurelle ne sera prise avant la restitution, attendue en avril, de la mission d’expertise confiée à l’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP). Elle assure qu’aucune mise en œuvre concrète n’interviendra avant juin et qu’un dialogue sera engagé avec les représentants du personnel.

Deux lectures s’opposent donc frontalement : celle d’un syndicat qui voit dans les documents budgétaires un plan social déjà acté, et celle d’une direction qui évoque une phase de réflexion contrainte par une situation financière critique, mais encore ouverte à la concertation.