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JO d’hiver 2030 : LFI dénonce une "gabegie écologique, financière et démocratique" dans les Alpes du Sud

JO d’hiver 2030 : LFI dénonce une "gabegie écologique, financière et démocratique" dans les Alpes du Sud
JO d’hiver 2030 : LFI dénonce une "gabegie écologique, financière et démocratique" dans les Alpes du Sud - Alpes 1

À quatre ans des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030, la contestation politique continue de monter dans les Alpes du Sud.

Dans un communiqué ce samedi, La France insoumise des Alpes-de-Haute-Provence (LFI 04) dresse un réquisitoire sévère contre un projet jugé à la fois écologiquement incohérent, financièrement incontrôlé et démocratiquement contestable.

Premier angle d’attaque : l’environnement. Pour LFI 04, les Jeux d’hiver 2030 s’inscrivent en totale contradiction avec les engagements climatiques de la France. Le mouvement pointe la construction de nouveaux équipements sportifs, patinoires, villages olympiques, infrastructures de glisse, ainsi que la rénovation jugée coûteuse et peu utile de sites existants, comme les pistes de bobsleigh ou les tremplins de saut.

Le recours massif à l’enneigement artificiel, imposé par les fédérations internationales malgré la hausse des températures dans les massifs alpins, est également dénoncé. Selon LFI, ce choix va à l’encontre de l’accord de Paris, de la loi Climat et de l’objectif de zéro artificialisation nette.

Dans un contexte de raréfaction de la neige, de fragilisation économique des stations et de pression immobilière accrue dans les vallées alpines, le mouvement estime que les Jeux figent les territoires de montagne "dans un modèle à bout de souffle", au lieu d’accompagner leur transition.

Un budget en hausse, payé par l’argent public

Sur le plan financier, LFI 04 évoque une dérive budgétaire déjà engagée. Le coût du projet dépasserait aujourd’hui les 2,1 milliards d’euros, un montant qualifié de "gabegie financière" dans un contexte national marqué par des coupes budgétaires inédites.

Le parti mélenchoniste met directement en cause Laurent Wauquiez et Renaud Muselier, accusés d’avoir engagé l’État et les collectivités locales dans ce projet en répondant aux exigences du Comité international olympique (CIO), sans garanties suffisantes sur les coûts finaux.

LFI alerte également sur les conséquences financières indirectes : démissions au sein du comité d’organisation (COJOP), désengagements d’élus locaux et risques de reports de charges vers les communes et intercommunalités, parfois sans information préalable des exécutifs concernés.

Troisième volet du communiqué : la démocratie. LFI 04 met en avant une décision inédite du Comité d’Aarhus, instance chargée de veiller au respect du droit à l’information et à la participation du public pour les projets à impact environnemental.

Le recours porté par la société civile et des parlementaires français a été jugé recevable. L’État français dispose désormais d’un délai, jusqu’à fin avril 2026, pour démontrer qu’il a mis en œuvre une véritable procédure d’information et de participation citoyenne conforme à la convention d’Aarhus, portant sur l’ensemble du projet JO 2030 — y compris la possibilité de ne pas accueillir les Jeux.

Pour LFI, cette décision confirme que "la démocratie existe" et que les populations concernées doivent pouvoir se prononcer sur un projet aux conséquences durables pour les territoires alpins.

Un affrontement politique appelé à s’intensifier

Le communiqué interpelle enfin les responsables politiques favorables aux Jeux, citant notamment les exécutifs régionaux et certains élus locaux qui continuent de présenter l’événement comme une "opportunité fantastique" pour le territoire.

Pour LFI 04, les citoyens n’ont pas à supporter le coût financier, écologique et social d’un projet perçu comme servant avant tout des ambitions politiques, au détriment des services publics, du sport populaire et des finances locales.