Hautes-Alpes : ferme aux 1072 porcs, une pétition lancée par la SAPN

Hautes-Alpes : ferme aux 1072 porcs, une pétition lancée par la SAPN
photo prétexte

ENVIRONNEMENT / L’association s’inquiète des impacts environnementaux de cette ferme mais aussi du bien-être des animaux

 

- Hautes-Alpes -

 

Elle s’oppose à la ferme aux 1072 porcs à Chabottes dans le Champsaur. La SAPN, Société Alpine de protection de la Nature, monte une nouvelle fois au créneau dans ce dossier. Une pétition a été lancée sur Change.org. Entre les associations environnementales et cet agriculteur, le combat perdure depuis 1998 avec plusieurs joutes devant la justice.  

 

« Un élevage industriel dans une vallée touristique », c’est ce qui est reproché à cette ferme

Pour la SAPN, cette porcherie de plus de 1.000 porcs a des impacts néfastes sur l’environnement, notamment sur les eaux du Drac alors que 2.500m3 de lisier seraient produits chaque année. Selon l’association de protection de l’environnement, l’exploitation menacerait « de pollution la nappe alluviale du DRAC. Notre principale préoccupation c’est la concentration de matière organique animale non dégradée. Avec le climat montagnard, c’est impossible que ça se dégrade. Il y a plusieurs conséquences : une stérilisation des sols, mais aussi le ruissellement de ces lessivas de lisiers qui vont apporter aux terres des antibiotiques, des nitrates, des métaux lourds… que les porcs ont ingurgité » explique sur Alpes 1 Agnès Bochède, vice-présidente de la SAPN.

 

Des porcs « en état de stress permanent » n’ayant pas « 1m² de surface au sol pour survivre », SAPN

 

Pour la SAPN, ce n’est pas l’élevage qui est pointé du doigt mais sa nature : un élevage industriel. La Société Alpine de protection de la Nature s’inquiète également des conditions de traitement des animaux. Selon elle, les porcs sont « en état de stress permanant » n’ayant pas « 1m² de surface au sol pour survivre ». « Il sont très à l’étroit. Ils n’ont aucun moyen de sortir à l’extérieur. Ils sont enfermés de leurs naissances à leurs morts sur des surfaces extrêmement réduites » ajoute la vice-présidente de l’association.

 

Une pétition lancée pour demander à la préfecture la suspension de cette porcherie

Alors que le tribunal administratif de Marseille a annulé le permis de construire et l’enregistrement de l’exploitation au printemps 2019, la préfecture des Hautes-Alpes a demandé à l’éleveur de régulariser sa situation. Il peut donc continuer à exploiter. Une pétition a donc été lancée il y a tout juste une semaine pour demander la suspension de cette porcherie. Elle a déjà recueilli plus de 600 signatures.

 

Que dit la Préfecture?

Contactée par notre rédaction, la préfecture indique que cette porcherie avait fait l’objet d'un arrêté préfectoral d'enregistrement le 29 mars 2016. Le tribunal administratif de Marseille a annulé cet arrêté. « Conformément aux dispositions du code de l'environnement applicables à ce type de situation, la préfecture a, par arrêté préfectoral du 28 mars 2019, mis en demeure l'EARL des Villettes de régulariser son élevage de porcs, soit en cessant son activité et en procédant à la remise en état du site, soit en déposant en préfecture une nouvelle demande d'enregistrement » souligne la préfecture. Une nouvelle demande d’enregistrement a été déposée. Selon la préfecture, elle comprend notamment un nouveau projet de plan d'épandage des effluents de l'élevage accompagné d'une étude hydrogéologique portant sur l'aptitude des terres concernées à recevoir cet épandage.« La préfecture n'a pas cédé à des lobbies mais appliqué la réglementation » termine Cécile Bigot-Dekeyzer, préfète des Hautes-Alpes.  Notez qu'une nouvelle demande de permis de construire a aussi été déposée le 18 décembre dernier.

 

Le reportage d'Aurore Vallauri :

 

A. Vallauri



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