Hautes-Alpes : Le Collectif du Chambon s’oppose au département de l’Isère et écrit à M.Valls

Hautes-Alpes : Le Collectif du Chambon s’oppose au département de l’Isère et écrit à M.Valls

CHAMBON / Entre le Collectif du Chambon et le département de l’Isère le torchon brule. Dans un courrier adressé au Premier Ministre, Manuel Valls, le collectif dénonce l’inaction du département de l’Isère, ce que réfute Bernard Pérazio, Conseiller départemental en charge des routes et des infrastructures.


Hautes-Alpes – C’est dans un courrier adressé au Premier Ministre, Manuel Valls, que le Collectif du Chambon, le maire de Villar d’Arêne, Olivier Fons, et la présidente des enseignes de Villar d’Arêne, Martine Albert, dénoncent un désintérêt porté par le département de l’Isère envers les promesses faites par le Premier Ministre lors de sa venue, le 24 juillet, à la Grave.


Quelles étaient les mesures annoncées ?

Financement de l’hélicoptère permettant de faire la jonction avec l’Isère pour les salariés, tant que la circulation reste impossible. Puis mise en place de navettes fluviales de grandes capacités sur le lac après la chute du pan de montagne et dans l’attente de la réouverture du tunnel ou de la construction d’un itinéraire alternatif.

Aide à la réalisation d’une piste pour les riverains et professionnels sur la rive gauche du lac, et étude de la faisabilité d’une route à deux voies rive gauche.

Déneigement du col du Lautaret assuré tout l’hiver grâce à l’acquisition d’un engin de déneigement de grande capacité et, si nécessaire, avec l’aide de l’armée.

Financement des études sur les autres tunnels de la route qui pourraient également s’avérer fragiles.

S’il est nécessaire, après l’effondrement, de creuser un autre accès, l’État participera au financement même si cela ne fait pas partie de ses compétences.

Exonération de charges pour les entreprises et déblocage d’une enveloppe supplémentaire de 200 à 400.000 euros en complément des 100.000 euros du Conseil départemental des Hautes-Alpes et des 200.000 euros du Conseil régional PACA.

Étude de la possibilité de déclaration de l’état de catastrophe naturelle dès le conseil des ministres du 31 juillet, si toutes les conditions juridiques sont réunies. Promesse tenue, les communes du Monêtier-les-Bains, de la Grave et de Villar d'Arène ont été reconnues en état de catastrophe naturelle.


Que dénoncent le Collectif du Chambon et le maire de Villar d’Arêne ?

Le Collectif dénonce un état d’esprit à la sortie d’une réunion publique, tenue une semaine après le passage du Premier ministre, avec le Conseil départemental de l’Isère appuyé par le Conseil départemental des Hautes-Alpes. Un état d’esprit dans lequel le Conseil départemental de l’Isère « abandonne l’idée de réparation du tunnel, se satisfaisant d’une voie de circulation unique pendant la durée de percement d’une nouvelle galerie – estimée à 12 mois. Ndlr - (…) ce qui, pour nous, est insatisfaisant ».


« Pourquoi les conseils départementaux ne suivent par les préconisations gouvernementales ? » Le Collectif du Chambon et le maire de Villar d’Arêne.


Autres points relevés par l’élu et le collectif, lors de l’audioconférence du 3 août, le Conseil départemental aurait « clairement indiqué qu’il n’envisage plus de minage de la paroi rocheuse, ni de tenter la réouverture de la route par la réparation du tunnel actuel (…). Le département ne s’engage plus qu’à livrer une voie par la piste forestière en rive opposée et d’engager des études de faisabilité pour enfouir une dérivation du tunnel plus dans la montagne, en espérant trouver une roche suffisamment saine ». Une solution que réfutent le collectif et l’élu, souhaitant une « simultanéité des études et de la mise en œuvre des solutions afin de minimiser les aléas ».

Autres questions que pose le courrier, « où est l’étude d’une double voie en rive gauche ? Pourquoi le minage et la réparation du tunnel sont-ils abandonnés ? Pourquoi l’idée d’une navigation sur le lac est abandonnée ? Pourquoi nos remarques, comme celle de réparer le tunnel pour l’utiliser en voie unique qui pourrait, couplée avec celle de la rive gauche, assurer un minimum de trafic pour maintenir l’activité économique touristique ? »


Les explications du conseil départemental de l’Isère :

Du côté de l’Isère, l’analyse de la situation n’est pas du tout la même : pour Bernard Pérazio, conseiller départemental de l’Isère en charge des routes et des infrastructures, l’idée  de l’abandon du tunnel,  « n’a jamais été évoquée (…) mais manifestement certains n’entendent pas les messages », ajoutant qu’actuellement « 30 personnes travaillent au quotidien sur place, un travail long et fastidieux.  Concernant le tunnel, nous appliquons des techniques minières et d’injection de béton en très haute et basse pression afin de reconstituer une roche en béton, avant de faire exploser progressivement certaines parties effondrées du tunnel ». Pour autant, le conseiller général ne cache pas son inquiétude quant aux conditions de travail des ouvriers dans le tunnel, « nous avons encore une incertitude sur la quantité de roche présente au-dessus du tunnel, es ce 10 mètres ou 30 mètres ? Nous le saurons bientôt. »


« Je comprends évidement la détresse des habitants, mais il est irresponsable de faire régulièrement de la communication négative. » Bernard Pérazio


Shunter l’entrée du tunnel côté Hautes-Alpes ?

Shunter l’entrée du tunnel, autrement dit proposer une dérivation, ne plus s’occuper de la partie la plus endommagée du tunnel côté Hautes-Alpes, « et creuser une nouvelle entrée sur une distance d’environ 300 mètres afin de rejoindre la partie saine du tunnel côté Isère », est une alternative possible. Cependant, « le sondage de ce shunte est en cours, mais tout cela reste complexe et le délai de ce projet atteint au moins 12 mois » précise Bernard Pérazio.


Une double voie sur la rive gauche ?

« Je ne comprends pas cette demande » s’interroge Bernard Pérazio, « tous les élus de la Haute-Romanche et de l’Oisans ont voté contre ce projet. C’est bien sûr possible techniquement, mais les délais ne sont plus les mêmes. De notre côté, nous sommes sur l’objectif de redonner un accès routier pour fin octobre 2015, et une double voie nous renvoie pour juillet 2016. »


Pourquoi ne pas envisager le minage de la paroi rocheuse ?

Le conseiller départemental ne parle pas sur ce sujet d’un manque de compétence technique du département, mais se demande simplement « pourquoi faire  (…) si la montagne s’est stabilisée quel est l’intérêt de mettre en place une opération dangereuse qui concerne environ 150.000 m3 de roche et qui pourrait fragiliser à nouveau la montagne ? »


Plus de navigation sur le lac avec de grandes barges ?

Là encore, Bernard Pérazio s’oppose à cette affirmation : «  nous n’avons jamais annoncé la fin de la navigation sur le lac, en revanche c’est au préfet de l’Isère d’en prendre la décision en fonction des résultats apportés par les géologues ».


Le département des Hautes-Alpes en accord avec celui de l’Isère

« Je comprends évidement la détresse des habitants, mais il est irresponsable de faire régulièrement de la communication négative, toutes les demandes sont satisfaites à ce jour (…) je me demande jusqu’à quel point le Collectif du Chambon représente la population dans ce genre d’action. Quant au maire de Villar d’Arêne, à part avoir subi des pressions je ne comprends pas pourquoi il a co-signé ce courrier ?»  dénonce Bernard Pérazio. « Il faut tout de même rappeler que, d’ici la fin 2015, le département de l’Isère aura sorti à lui seul 6,5 millions d’euros (…) je m’avoue un peu dépité et abattu par la situation, d’autant qu’il m’arrive de recevoir des noms d’oiseaux d’inconnus par SMS concernant le sujet du Chambon ».

De son côté le département des Hautes-Alpes, par la voix d’Arnaud Murgia, Conseiller départemental de Briançon 1, appelle à faire le maximum dans ce dossier et accorde son soutien et sa confiance au département de l’Isère, en appelant au calme :

«  Je suis toujours très dubitatif sur l'intérêt de taper sur le département de l'Isère. Je ne crois pas que l'on obtiendra quoi que ce soit de leur part en les invectivant. Alors, bien sûr, tout le monde aurait préféré avoir une route à deux voies. Mais je rappelle que sans notre détermination, nous n'aurions pas de route du tout, puisque les oppositions de l'Etat y étaient nombreuses. Je veux que tout aille plus vite mais j'ai aussi le sentiment qu'il faut être calme et responsable pour ne pas attiser plus de divisions et de détresse. Bien-sûr que quand je vois que l'on creuse chaque jour des tunnels sous Londres, Paris ou même le Caire, je me demande pourquoi le nôtre n'est pas déjà creusé. Mais si quelqu'un sait faire des miracles, qu'il le fasse : il ne me semble pas, malheureusement, que le Premier Ministre soit arrivé à la Grave avec ses bulldozers. J'appelle donc chacun au calme et au travail en commun pour aider au mieux notre canton si touché. »


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