Alpes de Haute-Provence : la secte du Mandarom condamnée à réhabiliter un pan de colline du Verdon

Alpes de Haute-Provence : la secte du Mandarom condamnée à réhabiliter un pan de colline du Verdon

JUSTICE / La secte avait fait ériger au début des années 1990 un temple-pyramide dans les Alpes-de-Haute-Provence. La cour d’appel de Grenoble a condamné la secte du Mandarom à remettre en état un pan de colline du Verdon.

 

- Alpes de Haute-Provence -

 

La secte du Mandarom, une histoire qui dure depuis plus de 20 ans. Installée au-dessus du village de Castellane depuis 1969, la secte avait, en 1992, bâti le temple-pyramide. Des travaux démesurés et engagés malgré l’annulation du permis de construire, en 1995, par le conseil d’État. Depuis, la remise en état du site et les réparations financières étaient réclamées notamment par les riverains.

 

« Nous sommes très satisfaits évidemment, mais nous craignons que cela n'aille en Cassation. Nous ne lâcherons jamais », Josette Ferrato de l’Association Interdépartementale et Intercommunale pour la Protection de la Retenue de Fontaine l’Évêque.

 

« Une atteinte grave tant à la sécurité qu'à l'environnement »

Dans son arrêt rendu le 30 octobre 2018, la cour d'appel de Grenoble a condamné la secte du Mandarom à remettre en état la colline du Verdon et a estimé que les travaux pour cette construction avaient été réalisés non seulement « en contravention avec le Plan d'occupation des sols, » mais aussi « au mépris des règles d'urbanisme ». « Il ressort à l'évidence des photographies produites que le site a été dénaturé et la montagne véritablement scalpée », a-t-elle ajouté.

Cette décision intervient près de quatre ans après un premier arrêt de la cour d'appel de Grenoble, qui avait condamné la secte à verser 30.000 euros à titre de provision à l'Association Interdépartementale et Intercommunale pour la Protection de la Retenue de Fontaine l'Évêque (AIIPRFE).

 

« 50.000 euros de dommages et intérêts et de 20.000 euros pour les frais de justice »

La condamnation a été assortie de dommages et intérêts pour les frais de justice à une association de défense de l'environnement et à un couple de riverains dont « l'atteinte visuelle (...) s'apprécie au regard de la vue globale sur le site. » La secte a maintenant six mois pour l’ouverture du chantier et trente mois pour sa réalisation sous peine d'une astreinte de 500 euros par jour de retard dans les deux cas. Mais la facture ne s’arrêtera pas là, puisque lors d’une audience tenue en septembre, la réhabilitation du site avait été estimée à 1,9 million d’euros.

 

Une remise en état sous surveillance

Un expert a été désigné par le tribunal afin d’orienter la remise en état des lieux en fonction de ses « impératifs écologiques ».

 

LR



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