Région : crise COVID, le palier 5 activé dans les hôpitaux

Région : crise COVID, le palier 5 activé dans les hôpitaux

SANTÉ / L’ARS l’envisageait en fin de semaine dernière au vu de la tension pesant dans les hôpitaux. Depuis ce lundi, le palier 5 du plan d’action gradué est activé, les établissements déprogramment les activités en médecine et chirurgie

 

- Région PACA - 

 

La pression hospitalière s’intensifie en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec des patients COVID admis en réanimation. 1.495 personnes étaient hospitalisées dans la région, vendredi, pour COVID-19 dont 368 dans un service de réanimation ou de soins intensifs. « Les indicateurs sanitaires montrent une accélération de la circulation dans l’ensemble de la région à un niveau sans précédent », explique l’Agence Régionale de Santé.

 

Les contaminations explosent dans les Alpes du Sud

Selon les données de ce lundi de Covid-Tracker, les indicateurs passent au rouge dans les Alpes du Sud. Le taux d’incidence est de 708 dans les Hautes-Alpes, le taux de positivité de 8,7 %. La tension hospitalière est estimée à 125 %. 71 personnes étaient hospitalisées ce lundi pour Covid, dont 10 placées en réanimation.

Dans les Alpes de Haute-Provence, le taux d’incidence grimpe à 907, le taux de positivité à 9 %. La tension hospitalière est estimée à 100 % par Covid-tracker. 54 personnes étaient hospitalisées des suites du coronavirus en ce début de semaine, dont 6 placées en réanimation.

 

Vers une déprogrammation forte de l’activité en médecine et chirurgie

Depuis 2020, l’ARS Paca a mis en place un plan d’action gradué composé de cinq paliers à activer en fonction de l’évolution de l’épidémie. Ce plan permet d’adapter la réponse dans la gestion de la crise sanitaire. Chaque palier implique un niveau croissant d’ouverture supplémentaire de lits de réanimation.

Si vendredi, l’ARS envisageait de passer au palier 5 du plan d’action gradué face à cette situation « tendue dans les hôpitaux », la décision aurait été prise ce lundi. Cela conduit donc les établissements hospitaliers à déprogrammer certaines activités en médecine et chirurgie « tout en évitant une perte de chance des patients ».

 

Des évacuations en cours

Pour soulager les services de réanimation, l’ARS a décidé de premières évacuations sanitaires. Vendredi, deux patients de l’AP-HM ont été transportés vers la région Bretagne. Samedi, trois autres patients supplémentaires ont été évacués vers la région Ile-de-France. « D’autres évacuations devraient suivre dès le début de cette semaine », atteste l’ARS. Pour le moment, aucune évacuation depuis Gap ou à Gap n'est envisagée. Du côté des Alpes de Haute-Provence, la possibilité de transférer des patients du Groupement Hospitalier Territorial avait été évoquée, « une première » selon Franck Pouilly, le directeur du GHT. Au final, ce sont des patients marseillais qui ont été évacués. Les capacités sont tendues mais ce qui manquent ce sont surtout des bras souligne le directeur du GHT.

 

« Aujourd'hui, on a encore 200 personnes qui sont arrêtées, c'est plus de 10% de nos effectifs », F. Pouilly

Du côté des Hautes-Alpes, on est obligé d’adapter la réponse dans les services de réanimation, ce qui conduit du personnel hospitalier à être détournés, et donc des opérations à être déprogrammées. Il y a quelques semaines, des soignants lançaient une tribune appelant la population à se faire vacciner. Pour le docteur Pierre-Yvan Simonoviez, elle est encore d’actualité alors que les cas graves sont majoritairement des patients qui ont refusé de se faire vacciner. Il est directeur médical de la crise COVID au sein du CHICAS et chef du service de réanimation.

 

C. Cava Michard / A. Vallauri