Alpes du Sud : en temps de pandémie, l'esprit critique c'est quoi ?

Alpes du Sud : en temps de pandémie, l'esprit critique c'est quoi ?

CULTURE / Gap Sciences Animations 05 tient un atelier en ligne ce samedi sur l'esprit critique. Si les infox ont toujours existé, elles se répandent plus rapidement aujourd'hui par les moyens de communication

 

- Alpes du Sud - 

 

« Penser, c'est dire non. Le signe du oui est d'un homme qui s'endort ; au contraire, le réveil secoue la tête et dit « non ». Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c'est que je consens, c'est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c'est que je respecte au lieu d'examiner. Même une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence. C'est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit », écrivait le philosophe Alain. Face à ces temps de pandémie où les fausses informations circulent, plus que jamais l’esprit critique a un rôle à jouer. Gap Sciences Animations 05 organise ce samedi un atelier en ligne « Entraînons notre esprit critique ». « L’esprit critique est la faculté de douter, de remettre en question et se remettre en question », explique Manon Parise, médiatrice scientifique, invitée ce vendredi du "8:30".

 

La théorie du complot, un excès d’esprit critique ?

Alors que nos modes de communication ont évolué, en étant plus « rapides et horizontaux, n’importe qui peut documenter ce qu’il voit, de la vie quotidienne aux évènements historiques », estime Manon Parise. Il y a des avantages démocratiques et humains « mais la contrepartie, c’est qu’une distorsion de la réalité peut se propager plus rapidement ». Un phénomène qui n’est pas apparu avec Internet, « la rumeur, les mensonges ont toujours existé. Les périodes troublées de l’Histoire sont très propices à ce genre de phénomènes. La population est plus inquiète, raisonne à l’affect et a tendance à chercher des coupables », poursuit la médiatrice scientifique.

Pour éviter ce piège, il faut « se faire une culture en général, ça aide à ne pas se faire avoir. Il faut décortiquer les informations, prendre du recul. Si une information joue sur nos émotions, il faut s’en méfier encore plus car nous aurons plus de difficultés à nous baser sur les faits. Les émotions peuvent nous conduire à prendre de mauvaises décisions ».

 

« Les techniques politiques s’appuient sur nos failles de raisonnement », M. Parise

 

Certains profitent d’un manque d’esprit critique : arguments fallacieux, techniques de manipulation, astuces marketing, « on peut ajouter les techniques politiques, elles s’appuient sur nos failles de raisonnement. Ce sont les erreurs de nos cerveaux, comme les illusions d’optique les plus connues, ou les erreurs de raisonnement moins mécaniques et plus insidieuses. Le plus redoutable : le biais de confirmation qui nous touche tous. On a tous tendance à mieux retenir les informations qui confirment nos croyances ».

Savoir que nous ne sommes pas « infaillibles » aide « et éviter de raisonner à l’affect. Apprendre, se questionner, ne pas s’identifier à ses connaissances ».

C’est ce samedi à 17h que se tiendra cet atelier numérique, pour vous y inscrire : envoyer un courriel à ophelie@gsa05.fr et recevoir l'adresse du site internet qui diffusera gratuitement l'après-midi.

 

C. Cava Michard