Alpes du Sud : « s’amuser à tuer des animaux n’a plus sa place dans la société »

Alpes du Sud : « s’amuser à tuer des animaux n’a plus sa place dans la société »

ENVIRONNEMENT / Pierre Rigaux, le naturaliste alpin, sort un livre "Pas de fusils dans la nature", s'opposant à toute forme de chasse

 

- Alpes du Sud - 

 

« Les chasseurs se donnent un rôle autoproclamé de régulateurs », Pierre Rigaux revient à l’attaque. Le naturaliste alpin, que l’on connait dans les Alpes du Sud pour sa défense du loup, sort un dernier livre « Pas de fusils dans la nature, les réponses aux chasseurs ». Un livre dont la préface est signée par Nicolas Hulot, l’ancien ministre de la transition écologique, porteur quand il était en poste d’une réforme de la chasse ayant permis de diviser par deux le prix du permis national de chasse. « Nous n’avons pas le même avis », admet Pierre Rigaux, « lui fait la différence entre certaines formes de chasse qu’il estime respectueuses, j’essaie d’être plus radical ». Car pour le naturaliste, « toute forme de chasse est devenue anachronique ».

 

« S’amuser à tuer des animaux n’a plus sa place dans la société », P. Rigaux

 

Le naturaliste contrecarre donc l’argument avancé par les fédérations de chasse : celui de réguler les espèces pour éviter qu’elles prolifèrent. « On est toujours sur la peur de la prolifération, mais la seule espèce qui prolifère c’est l’être humain et les animaux domestiques. Cette peur, c’est simplement pour autoriser la chasse », poursuit Pierre Rigaux qui appelle les préfets à ne plus confier la gestion des espèces aux chasseurs.

Il s’élève contre certaines pratiques comme « l’industrie de l’élevage du gibier : un animal sur quatre tué à la chasse provient d’un élevage ». Quant à nos territoires, « alors que certaines espèces sont menacées par le réchauffement climatique, le dérangement en montagne, quel intérêt d’ajouter une menace en les flinguant ? ». Le naturaliste veut donc sortir de la « vision de la gestion par le fusil, gérer en régulant ne règle pas les dégâts, il faut réfléchir à d’autres solutions pour éloigner les animaux ».

 

Le ras le bol des agents des parcs

Selon Pierre Rigaux, plusieurs agents des parcs nationaux, notamment dans les Écrins, affichent un ras-le-bol « de certains éleveurs de moutons. Tout leur est payé, on héliporte des cabanes, on leur paye des clôtures, le salaire des bergers, les croquettes des chiens. Malgré cela, il y a 120.000 moutons dans le parc et une poignée de loups. Quand on vient à vouloir éliminer le loup dans une zone cœur, l’extrémisme est du côté des éleveurs ».



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