Hautes-Alpes : les militaires du 4ème régiment de chasseurs devront-ils se retirer du Mali ?

Hautes-Alpes : les militaires du 4ème régiment de chasseurs devront-ils se retirer du Mali ?
© 4ème régiment de chasseurs de Gap

SÉCURITÉ / Les tensions montent entre Paris et Bamako. Point d’orgue de ces désaccords : le renvoi de l’ambassadeur français du Mali. L’opération Barkhane pourrait être menacée. Dominique Protin, le père d’Alexandre, ce militaire du 4ème RCH décédé au Mali en 2019, se dit en colère. Il a envoyé une lettre ouverte au chef de la junte malienne

 

- Hautes-Alpes - 

 

Les militaires gapençais devront-ils se retirer du Mali ? La situation entre Paris et Bamako se crispe. En l’espace de deux ans, le pays a connu deux coups d’état militaire mettant au pouvoir le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta. Emmanuel Macron avait dénoncé à l’époque un coup d’État « dans le coup d’État inacceptable ». Depuis, les relations entre les pays se tendent. Paroxysme cette semaine avec la décision du président de la Transition de la République du Mali, de renvoyer l’ambassadeur français.

 

L’amertume de Dominique Protin

« Inacceptable » pour Dominique Protin. Il a perdu son fils, Alexandre, militaire de 33 ans au 4ème régiment de chasseurs de Gap en 2019, dans la collision de deux hélicoptères lors de l’opération Barkhane. Une opération militaire française débutée en 2014 pour lutter au Sahel contre les groupes islamiques, mais dont on ne sait pas si elle vit ses dernières heures.

Dominique Protin ne veut pas juger de la « légitimité » de cette décision, mais rappelle au colonel Assimi Goïta, président de la transition de la République du Mali, les 53 soldats français morts pour assurer la sécurité au pays. « Il se revendique militaire mais en a oublié les codes. S’il est au pouvoir, c’est bien parce que nous sommes intervenus. Sinon, ce serait un régime islamique ».  

 

« Je demande à Monsieur Macron et Madame Parly d’intervenir », D. Protin

 

Une lettre qu’il veut aussi à destination du gouvernement français, « il doit se justifier, rappeler avec fermeté aux Maliens et à ce gouvernement ce que l’on a fait sur place ».Si l’état-major des armées françaises assure que les opérations se déroulent sur le terrain sans entraves avec les forces maliennes, Dominique Protin est resté en contact avec des militaires du 4ème régiment de Gap. Et pour certains, c’est le point d’interrogation, « ils se demandent ce qu’ils font encore là-bas, ils sont perdus ».

Une situation malienne qui devient aujourd’hui un enjeu présidentiel. Les candidates de droite, Valérie Pécresse et Marine le Pen, veulent renvoyer l’ambassadeur du Mali de France, alors que le poste est vacant depuis deux ans.

 

 

C. Cava Michard