Hautes-Alpes : « il suffit d’aller voir la morgue de Gap pour savoir si les chiffres COVID sont justes »

Hautes-Alpes : « il suffit d’aller voir la morgue de Gap pour savoir si les chiffres COVID sont justes »

SANTÉ / L'année 2022 a des airs de déjà vécu pour le docteur Pierre-Yvan Simonoviez, chef du service réanimation au sein du CHICAS de Gap et directeur médical de la crise sanitaire COVID : "on meurt non pas avec le COVID mais du COVID"

 

- Hautes-Alpes - 

 

« 2022, une année qui a des airs de déjà vécu en pire » résume le docteur Pierre Yvan Simonoviez. Le chef du service réanimation au sein du CHICAS de Gap et directeur médical de la crise sanitaire COVID était l’invité du « 8 :30 » ce lundi sur Alpes 1.  La nouvelle année s’ouvre avec une flambée épidémique et la tension hospitalière pèse de plus en plus, « tous les lits de réanimation sont pleins, on a débordé désormais en salle de réveil. Nous sommes à 200 % de taux d’occupation » résume le médecin. De plus en plus de gens infectés et plus assez de personnel, « on a beaucoup de difficultés à faire tourner l’ensemble des tableaux de garde, les astreintes et les nuits. On y parvient encore sur la bonne volonté d’un personnel épuisé mais ça ne durera pas longtemps ».

 

« Il suffit d’aller voir la morgue de Gap pour savoir si les chiffres sont justes », docteur Pierre-Yvan Simonoviez

 

Du côté du CHICAS, comme d’autres établissements hospitaliers, on appelle la population à se faire vacciner, « les lits sont embolisés par des patients COVID dont une grande majorité n’est pas vaccinée », poursuit le docteur Simonoviez. Et c’est désormais l’incompréhension du corps médical face aux anti-vax, « les faits sont là : il suffit d’aller voir la morgue de Gap pour savoir si les chiffres sont justes. On a beaucoup de box marqués COVID. Les gens meurent, non pas avec le COVID mais du COVID », explique le médecin réanimation dont le service est aujourd’hui débordé « par des gens qui ne sont pas vaccinés. C’est une observation : le risque d’être hospitalisé lorsque l’on n’est pas vacciné est multiplié par 16, le vaccin est le seul traitement qui marche ».   

 

Faire payer les non vaccinés atteints de COVID, une possibilité

Une proposition fait aujourd’hui débat : celle du député LR du Nord Sébastien Huygues de faire payer les soins COVID aux patients non vaccinés. Pourquoi pas, répond le docteur Pierre-Yvan Simonoviez, « non pas sur l’ensemble de la facture qui peut représenter plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de milliers d’euros en cas d’hospitalisation à long terme mais une participation forfaitaire conséquente ».

Retrouvez ici l'intégralité de cet entretien à écouter en podcast. 

 

C. Cava Michard