Hautes-Alpes : Kesia, une savonnerie qui tend vers le zéro-déchet

Hautes-Alpes : Kesia, une savonnerie qui tend vers le zéro-déchet

ÉCONOMIE / ENVIRONNEMENT / La savonnerie travaille aussi sur un projet pour développer, en circuit-court, des huiles utilisées dans la production de cosmétiques

 

- Hautes-Alpes -

 

C’est une savonnerie qui fourmille de mille projets. Kesia a été lancée à la fin de l’année 2019, pour des savons vendus depuis novembre 2020. Installée à Châteauvieux, cette entreprise est dirigée par Coralie Selin, une jeune chimiste de 35 ans. Avec son compagnon, Antoine Ripol, ils se sont lancé dans une production qui se veut très respectueuse de l’environnement. Un couple qui co-finance également un projet LEADER pour développer une filière d’approvisionnement en corps gras cosmétiques sur le territoire haut-alpin.

 

« Je voulais faire de la chimie plus quotidienne », C. Selin

 

Après quelques années de travail aux Pays-Bas pour une multinationale en biotechnologie, Coralie Selin a décidé de revenir en France pour créer sa savonnerie dans les Hautes-Alpes. Un choix qui n’a pas été fait au hasard, puisque sa famille est originaire de la région. Elle s’est donc installée, avec son compagnon à Châteauvieux dans une ferme dont une partie a été transformée en savonnerie. « Faire du savon, c’est tout simple. C’est une grosse mayonnaise » explique en souriant Coralie Selin, « j’utilise la saponification à froid, c’est une méthode qui utilise peu d’énergie ». Une fois que le processus de saponification entre en jeu, le savon est versé dans des moules en bois. Très vite la réaction opère, les savons sont alors découpés. Des savons qui seront ensuite vendus sans emballages, dans une logique de zéro déchets. Le logo de l’entreprise et les numéros de lots sont donc estampillés directement grâce à des tampons fabriqués par une artisan. « Ce que j’aime bien faire à la savonnerie, c’est vraiment pousser la démarche. J’étais frustrée qu’un produit soit zéro déchet, ou écologique mais que derrière, la fabrication ou encore les matériaux utilisés pour la fabrication ne suivaient pas » souligne l’artisan savonnière.

 

 

Un projet LEADER pour développer la filière d’approvisionnement en corps gras cosmétiques

Kesia a la certification Nature et Progrès. Elle garantit des produit cosmétiques respectueux de l’environnement. À Kesia, le choix a été fait de travailler avec des matières premières françaises. Exception faite pour l’huile d’olive espagnole. Mais le territoire manque justement d’huiles locales pouvant être utilisés pour les cosmétiques alors Coralie Selin et Antoine Ripol ont décidé de développer cette filière à travers un projet LEADER soutenu par l’Europe et la Région « à hauteur de 65.000 euros, co-financé à 10% par la savonnerie ».

 

« L’idée, c’est de savoir ce que l’on peut développer ici, ce qui est pertinent d’un point de vue économique, environnemental et agronomique », A. Ripol

 

L’an prochain, une phase de test sera menée sur des parcelles d’une dizaine d’agriculteurs avec certaines plantes oléagineuses. Ce projet LEADER se conclura en décembre 2022. Un état des lieux sera alors fait pour voir, si, effectivement cette filière d’approvisionnement en corps gras cosmétiques est viable dans les Hautes-Alpes. Vous pouvez retrouver les savons Kesia sur le site internet de la savonnerie mais aussi sur le marché de Gap deux fois par mois ou encore dans certaines boutiques spécialisées comme Le Panier du Valgo à St Firmin.

 

Le reportage d'Aurore Vallauri :

A. Vallauri