Hautes-Alpes : le Département n'a pas joué « son rôle de chef de file de la protection de l’enfance »

Hautes-Alpes : le Département n'a pas joué « son rôle de chef de file de la protection de l’enfance »

SOCIAL / C’est ce qui ressort d’un rapport de la chambre régionale des Comptes Provence Alpes Côte d’Azur. Elle a contrôlé depuis 2013 la gestion du département concernant sa politique de protection de l’enfance.

 

- Hautes-Alpes - 

 

Le Département des Hautes-Alpes n’a pas joué « son rôle de chef de file de la protection de l’enfance ». C’est ce qui ressort d’un rapport de la chambre régionale des Comptes Provence Alpes Côte d’Azur. Elle a contrôlé depuis 2013 la gestion du département concernant sa politique de protection de l’enfance. Deux mouvements ont fragilisé les capacités du département pour « mener une réflexion structurelle sur sa politique d’aide sociale à l’enfance ». Tout d’abord, la CRC note un fort turn over de l’encadrement. Dans le détail, trois directeurs généraux adjoints se sont par exemple succédés depuis 2013. Concernant le budget dédié à l’aide sociale à l’enfance, il a augmenté de quatre millions d’euros entre 2013 et 2018. Il est passé de 11.5 millions à 15.6 millions. Les dépenses consacrées à la protection de l’enfance représentaient en 2018, 10% du budget départemental soit 15.6 millions d’euros. Une progression portée principalement « par la hausse des dépenses versées au MECS », les Maisons d’Enfants à Caractère Social. On note un doublement du nombre d’enfants accueillis.

 

La prise en charge financière des Mineurs Non Accompagnés compensée par l'État

Autre mouvement, la prise en charge des mineurs non accompagnés dès 2016. En effet, entre 2013 et 2018, 3.700 jeunes migrants sont arrivés sur le territoire haut-alpin. Mais ces dépenses ont été compensées en partie par un soutien financier mais aussi logistique de l’État. L’Etat a ainsi pris en charge la création de 155 places de mise à l’abri. La Chambre Régionale des Comptes souligne que « l’effort financier pour le département de la prise en charge des MNA reste limité. Le reste à charge relatif à la mise à l’abri s’élève pour l’ensemble de la période à 186.144 euros ». Notez que depuis 2018, le département a ouvert deux structures d’accueils dédiées de 15 places chacune.

 

A. Vallauri