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Hautes-Alpes/A 51 : le député socialiste C. Castaner défend son département

Le député PS des Alpes de Haute-Provence a interpellé ce mardi à l’Assemblée Nationale le Ministre Délégué en charge des Transports, Frédéric Cuvillier, sur l’éternel dossier de l’A51

Alpes du Sud – Alors que le gouvernement socialiste est en pleine révision du Schéma National des Infrastructures de Transport (SNIT), il semble que le désenclavement des Alpes du Sud se dispute entre les deux départements. Dans les Alpes de Haute-Provence, on privilégie la rénovation d’un réseau existant par Sisteron et qui ne dessert que le sud des Hautes-Alpes. Alors que les élus de ce dernier département se battent encore pour l’achèvement de l’autoroute par Gap.

Désenclaver le nord du 04 et le sud du 05

Un semblant de dissension est né mardi à l’Assemblée Nationale, alors que Christophe Castaner a interpellé le Ministre Délégué en charge des Transports, Frédéric Cuvillier. Si le député-maire PS des Alpes de Haute-Provence soutient officiellement l’achèvement du barreau autoroutier A51 entre La Saulce et Grenoble, dans son discours l’élu a « insisté » pour que le gouvernement n’abandonne pas le projet de rénovation de la RD 1075 (ex-RN75) entre Sisteron et Grenoble, en passant par Lus-la-Croix-Haute (Drôme). L’ancienne nationale traverse les Alpes de Haute-Provence (Sisteron) et une partie du sud des Hautes-Alpes (Laragnais, Serrois, Buëch et Veynois).

Pourquoi défendre la liaison Sisteron-Grenoble ?

Cette alternative, dont le coût est estimé à 600 millions d’euros, a été inscrite au SNIT par le gouvernement Fillon, mais le député Christophe Castaner craint qu’elle soit supprimée lors de la révision du schéma. « L’A51, dont le coût est estimé à 2,5 milliards d’euros, reste un dossier prioritaire, mais il ne faut pas négliger l’interconnexion Sisteron-Grenoble qui est un projet moins coûteux. Le gouvernement ne doit pas abandonner les deux projets », a-t-il précisé à la radio Alpes 1. « Si d’aventure, la solution autoroutière n’était pas possible pour des raisons juridiques et financières, il faut que nous restions extrêmement mobilisés » pour la rénovation de l’axe Sisteron-Grenoble, « qui est certainement la moins coûteuse et qui, en terme de développement durable, est aussi la plus efficace », a défendu le parlementaire des Alpes de Haute-Provence. 

« Des études menées montrent que les recettes de péage couvriraient à peine les coûts d’exploitation des nouvelles infrastructures. Et cela nécessiteraient donc une compensation aux concessionnaires par les collectivités publiques. Soit des subventions d’équilibre très importantes », avait répondu le ministre Frédéric Cuvillier.

Les réactions :

Interrogée par la radio Alpes 1, la députée-maire socialiste de l’Isère, Marie-Noëlle Battistel, « ne croit pas au projet autoroutier Gap-Grenoble, parce que financièrement démesuré.  Je continue de militer pour la solution alternative : les aménagements de sécurité et l’élargissement de la RD 1075 à chaque fois que cela est possible », réagit-elle.

« Cette solution est celle qui concilie au mieux les intérêts écologiques, économiques et sociaux de notre département et reste la seule option réellement raisonnable et réaliste à ce jour », indique Europe Écologie - Les Verts (EELV 05) dans un communiqué.

« Il faut impérativement que l’A51 entre Gap et Grenoble soit réalisée et que le Gouvernement prenne une décision au plus tôt. La Liaison Sisteron-Grenoble ne sera pas à la hauteur du besoin de désenclavement de nos territoires »,  explique à la radio Alpes 1, Gibert Sauvan, député socialiste et président du Conseil Général des Alpes de Haute-Provence.

De son côté, la députée PS des Hautes-Alpes, Karine Berger, défend le désenclavement du département par l’extension de l’autoroute. Selon elle, la construction de l’A51 entre Gap et Grenoble est possible à condition de résoudre un problème juridique : « la législation européenne n’interdit pas l’adossement des sociétés autoroutières (financement privé du projet par les concessions d’autoroutes NDLR) mais c’est le Conseil d’Etat qui en a une interprétation plus restrictive », assure-t-elle dans un communiqué. Selon la parlementaire, « la chimère d’une simple amélioration des routes existantes ne résout pas le problème du désenclavement, car qui va financer ces travaux sans l’aide des sociétés d’autoroute. Les collectivités locales ne sont plus capables de financer de tels projets ». Dans ce même communiqué, Karine Berger estime que « la position de Christophe Castaner, quant à l’existence d’une 4ème voie, est isolée ».

Sollicité par la radio Alpes 1, le député-maire PRG des Hautes-Alpes, Joël Giraud, estime que « c’est la démonstration que la relance de ce débat va surtout avoir pour conséquence de retarder encore la mise aux normes de la RN 85 et le barreau autoroutier de La Bâtie-Neuve, que nous avions arraché au SNIT ».