Alpes de Haute-Provence : la santé des aidants se dégrade

Alpes de Haute-Provence : la santé des aidants se dégrade

SANTÉ / Dans un baromètre réalisé par l'UNAFAM et relayé par l'association dans les Alpes de Haute-Provence, ils sont 6 aidants sur 10 de personnes atteintes de troubles psychiques à déclarer ressentir une dégradation de leur santé. L'UNAFAM interpelle les candidats aux présidentielles

 

- Alpes de Haute-Provence - 

 

 

 

Ils représentent plus de 4 millions de personnes en France : ce sont les aidants de personnes atteintes de troubles psychiques. Des membres de la famille, des proches qui voient leur quotidien bouleversé. À l’aube d’une nouvelle campagne présidentielle, l’UNAFAM a voulu les entendre. Cette association les accompagne depuis 1963, les écoute, les soutient et défend aussi leurs droits. 4.000 personnes ont ainsi répondu à un questionnaire qui donne lieu aujourd’hui à un baromètre. Et les résultats sont alarmants. L’UNAFAM dans les Alpes de Haute-Provence veut lever la chappe de plomb qui étouffe le sujet.

 

6 aidants sur 10 reconnaissent un impact sur leur santé

« L’heure est venue de ne plus détourner le regard et d’agir concrètement », c’est l’appel que lance l’UNAFAM dans les Alpes de Haute-Provence. Car les résultats de ce baromètre sont alarmants. 30 % des aidants interrogés affirment que le quotidien de leur proche malade s’est aggravé en une année, alors qu’ils sont aussi un tiers à devoir s’occuper de leurs proches chez eux, « et c’est difficile car il y a la question de la stabilité émotionnelle de notre proche qui impacte notre vécu », explique Mureil Rochas, déléguée départementale de l’UNAFAM.

 

« C’est un accompagnement au quotidien, c’est être infirmier, taxi, appeler le docteur, aider aux tâches quotidiennes », M. Rochas  

 

En effet, selon le baromètre, ils sont plus de 6 aidants sur 10 a estimé que la maladie de leur proche a eu un impact sur leur propre santé. 10 mesures sont donc soumises à proposition auprès des candidats aux présidentielles, notamment la mise en place d’une agence nationale pour la santé mentale et psychiatrique, mais aussi rendre obligatoire la formation aux premiers secours en santé mentale pour l’ensemble des services accueillant du public, « car il faut comprendre ce qu’est une maladie psychique, apprendre à approcher la personne, l’écouter, la rassurer ».

Autre proposition avancée par l’UNAFAM : doubler en France le budget consacré à la recherche sur la santé mentale et la psychiatrie pour le prochain quinquennat. Il est actuellement de 4 % consacrés à la recherche, contre 7 % en Grande-Bretagne, 10 % en Finlande et 16 % aux États-Unis.

 

C. Cava Michard