Alpes du Sud : François de Rugy, une chance pour l’écologie et l’agriculture dans nos territoires ?

Alpes du Sud : François de Rugy, une chance pour l’écologie et l’agriculture dans nos territoires ?
François de Rugy invité d'Alpes 1 lors de son déplacement dans les Hautes-Alpes en mars 2018

POLITIQUE / François de Rugy au gouvernement comme nouveau ministre de la Transition Écologique et Solidaire et les territoires des Alpes du Sud qui devront à nouveau faire valoir leurs attentes. Sera-t-il entendre les agriculteurs ? Entre doute et espoir, chacun son point de vue sur Alpes 1.

 

- Alpes du Sud -

 

Nommé ce mardi ministre de la Transition Écologique et Solidaire par Emmanuel Macron, François de Rugy n’a pour autant pas toujours été en accord avec l'actuel président. Alors candidat à la primaire citoyenne organisée par le Parti socialiste, en 2017, François de Rugy attaquait le candidat Macron : « Il ne parle pas d'écologie. Je ne sais pas quel est son programme écologique. » Lui reprochant son manque de clarté et ses changements de position sur certaines questions écologiques comme le nucléaire ou encore le diesel. Puis, ironie du sort, il termine en mettant en doute la capacité d'Emmanuel Macron à constituer un gouvernement solide uniquement avec des « ralliements ».

 

Lors de sa visite à la maison du Parc national des Écrins à Gap.

 

Les propositions de François de Rugy, candidat pour EELV en 2017, loin de réalité du gouvernement 2018

Alors candidat pour les primaires, le nouveau ministre présentait un programme où l’écologie tenait une large place, avec la volonté de faire en sorte que les énergies renouvelables représentent 100% de la production de l'électricité en France à l'horizon 2050. Un objectif qui passera par la fermeture de toutes les centrales nucléaires de plus de 40 ans. Une proposition loin de la réalité gouvernementale du jour : le ministère de la Transition écologique ayant abandonné l'objectif d'atteindre 50% de production nucléaire d'ici 2025, malgré son inscription dans la loi de transition énergétique de 2015. Hormis Fessenheim, aucune autre centrale n'est supposée cesser son activité en France dans les prochaines années.

En ce qui concerne les voitures, François de Rugy visait pour 2025 la fin du diesel et, à terme, le 100% voitures électriques ou hybrides. Aujourd’hui, aucun objectif n'a été inscrit dans la loi. Le gouvernement a simplement repoussé l'échéance de la fin de la commercialisation des véhicules diesel à 2040.

Concernant le loup, l’un des sujets polémique de l’agriculture et de l’élevage dans les Alpes du Sud, aucune trace du sujet dans son programme de campagne de 2017 dans volet agriculture. Tout juste le souhait très vague de « faire de la condition animale une des grandes causes du quinquennat » tout en mettant en place une « initiative française pour une conférence mondiale sur la biodiversité. »

 

« On lui donne six mois et on en reparle »

Pragmatique, le président de la FDSEA des Alpes de Haute-Provence, principal syndicat agricole en France, ne souhaite pas tirer à vue sur le nouveau ministre. « On va lui laisser le temps de s’installer et d’entendre ce qu’il a dire » déclare, sur Alpes 1, Jean-Paul Comte. Seule condition à ses yeux : « que ce ne soit pas un radicaliste comme Nicolas Hulot ! ». Autre souhait « urgent », concernant le loup : « il faut que le ministère reste cohérent, le bien-être animal on est pour, mais le bien-être des agriculteurs et des éleveurs est une nécessité absolue que doit prendre en compte M. de Rugy. »

René Laurens, président de la FDSEA des Hautes-Alpes, lui est inquiet : « je crois que c’est une erreur de nommer un écologiste à ce ministère. Les écolos défendent surtout des idées personnelles en oubliant la réalité du terrain. » Pour autant, l’agriculteur reconnaît en François de Rugy « des positions modérées. » Un écologiste mais aussi un homme politique « avec qui on peut discuter. » Le pire selon René Laurens aurait été la nomination de Daniel Cohn-Bendit : « comme Nicolas Hulot il serait allé dans des discours extrêmes. Je reconnais au nouveau ministre une capacité d’écoute politique comme l’avait Ségolène Royal avec qui on pouvait discuter. »

 

Une chance pour les députés des Alpes du Sud

Malgré cela, avec la nomination de François de Rugy, le député (LREM) des Hautes-Alpes, Joël Giraud, annonce l’arrivée d’ « un homme dont je connais à la fois les convictions environnementalistes, l’approche au plus près des territoires et le pragmatisme déterminé, une nouvelle ère s’ouvre au ministère de la Transition Écologique, moins axée sur la parole et plus sur le travail concret qui, de la base, peut changer notre société. » Un nouveau ministre dont le député croit « sincèrement » en une future définition « d’un modèle pragmatique qui fera évoluer la société en tenant compte des territoires qu’il connaît bien et qu’il aime, en particulier les Hautes-Alpes. »

« Satisfaite par le choix ! », appuie de son côté l’autre députée (LREM) haut-alpine, Pascale Boyer, pour qui François de Rugy « a toute la légitimité pour être ministre de l’Écologie car depuis de nombreuses années il a défendu ses convictions et a su prendre les décisions à prendre au moment où il le fallait, je pense notamment à son départ d’EELV. »

« François est un homme très humain », appuie la députée (LREM) de la 2ème circonscription des Alpes de Haute-Provence, Emmanuelle Fontaine-Domeizel. Un nouveau ministre qui selon l’élue a « une grande capacité d'écoute, sensible aux sujets actuels et visionnaires. » Plus qu’un soutien au nouveau ministre, la députée se définit comme une « De Rugissante », et considère que l'écologie « n’a jamais quitté » l’ancien président du perchoir de l’Assemblée, « et je suis sûre de sa pleine réussite à ce ministère. » Enfin, suite à cette nomination, Emmanuelle Fontaine-Domeizel annonce que « dès sa prise de fonction nous aurons à débattre avec lui de sujets qui nous tiennent tous à cœur comme le pastoralisme, la transition écologique, les produits phytosanitaires, les pesticides... »

 

De nombreux dossiers en attentent pour le nouveau ministre

Pour FERUS (association nationale de protection et de conservation de l'ours du loup et lynx en France), au-delà des félicitations de circonstance, son président Jean-François Darmstaedter, annonce les urgences à l’heure de la nomination. « De nombreux dossiers d’une urgence capitale l’attendent, notamment dans le domaine de la préservation de la biodiversité », prévient le président de l’association. Lui demandant sur le sujet du loup « de remettre à plat la politique actuelle consistant à tuer toujours plus de loups pour soi-disant protéger les troupeaux. La voie actuelle ne fonctionne pas ! »

Rappelons les déclarations d’intention du candidat Emmanuel Macron : « je m’engage à protéger la biodiversité en métropole, dans les outremers et à l’international. Nous serons rigoureux pour la préservation des espèces protégées en particulier les populations de grands carnivores, qu’ils soient terrestres ou marins. »

 

« Aucun «green-washing» ne pourra nous leurrer sur la volonté de ce gouvernement », EELV PACA

 

En revanche pour EELV Provence-Alpes-Côte d’Azur, la messe est dite concernant l’avenir de l’Écologie au sein du gouvernement. « L’illusion écologiste du président de la République se réduit comme peau de chagrin et cette nomination ne trompe personne. » Selon Christine Juste et Jean-Laurent Felizia, co-Porte-parole du parti « aucun green-washing ne pourra nous leurrer sur la volonté de ce gouvernement de s’engager dans une réelle transition écologiste, qui ne peut plus se suffire de petits pas suivis de reniements. »

 

A.Cam



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