Alpes du Sud : les députés s'opposent aux caméras dans les abattoirs

Alpes du Sud : les députés s'opposent aux caméras dans les abattoirs

AGRICULTURE / Les parlementaires ont adopté la proposition de loi de la commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux, mais sans retenir l'une de ses principales dispositions : la vidéosurveillance.

 

- Alpes du Sud -

La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a supprimé ce mercredi l’article clé de la proposition de loi « relative au respect de l’animal en abattoir » porté par Olivier Falorni et son groupe des radicaux de gauche (PRG), ainsi que des députés d’autres groupes. Olivier Falorni juge son texte « vidé de sa substance », les députés s’étant opposés en commission à l’installation de caméras dans les abattoirs, suggérée par une commission d’enquête parlementaire après les scandales dénoncés notamment par l’association L214.

 

 

Une mesure est plébiscitée par 85 % des Français

La Société Protectrice des Animaux (SPA), par la voix de sa présidente bénévole, Natacha Harry, s’indigne elle aussi de ce choix : « cette décision qui ne prend en compte que l’aspect économique de la proposition, est totalement contraire à la volonté d’œuvrer pour le bien-être animal qu’exprimait M.Le Foll, ministre de l'Agriculture. Elle ne fait que monter le mépris de nos hommes politiques pour le progrès de la cause animale, alors même que 85 % des Français plébiscitent l’installation de caméras dans les abattoirs ».

Refusée pour des raisons de coût financier et qui mettrait trop de « pression » sur les salariés, selon ces élus. L’opposition a aussi obtenu la suppression d’un autre article qui aurait autorisé les parlementaires à visiter les établissements d’abattage de façon inopinée, éventuellement accompagnés de journalistes titulaires de la carte d’identité professionnelle.

Le texte prévoit en outre la mise en place d’un Comité national d’éthique des abattoirs et d’un comité local de suivi de site auprès de chaque abattoir. Pour les abattoirs de boucherie de plus de 50 salariés, la présence permanente d’un agent des services vétérinaires aux postes d’étourdissement et de mise à mort doit être rendue obligatoire. De plus, les députés ont renforcé les sanctions pour « mauvais traitements » d’animaux dans les établissements de ventes, toilettage, garde ou dressage.

 

Quelles positions pour les parlementaires des Alpes du Sud ?

Ne siégeant pas dans cette commission les députés des Alpes du Sud ne peuvent que constater et livrer un simple avis personnel. Naturellement Joël Giraud, député-maire des Hautes-Alpes, appartenant au groupe des radicaux de gauche - porteur du texte -  ne se réjouit pas de cette décision. Rejoignant le constat d’Olivier Falorni, et précisant que « si le texte arrive en séance de l’assemblée », il voterait « pour ».

Si Christophe Castaner, député-Maire (PS) des Alpes de Haute-Provence, rappelle à cette occasion son « attachement à la défense de la cause animale », pour autant il n’est « pas question de filmer les employés sur leur poste de travail. » « Le droit français est clair, les caméras ne doivent pas filmer les employés sur leur poste  de travail, sauf circonstances particulières », précise l’élu, mettant en avant le respect de la vie privée. Plutôt favorable à des « contrôles très réguliers » et un renforcement « des formations » et « une mécanisation » des tâches les plus difficiles. « S'il y a des abus, ils doivent être sanctionnés, mais je ne souhaite pas la mise en cause systématique des agents qui travaillent dans les abattoirs »,  conclut sur Alpes 1 le député.

 

Quels sont les métiers où les caméras sont présentes ?

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) est très claire des caméras peuvent être installées au niveau des entrées et sorties des bâtiments, des issues de secours et des voies de circulation. Elles peuvent aussi filmer les zones où de la marchandise ou des biens de valeur sont entreposés. Mais, pas question en revanche de filmer en permanence un employé sur son poste de travail, sauf si celui-ci manipule par exemple de l'argent, en vertu du principe de proportionnalité. Dans ce cas, la caméra devra toutefois davantage filmer la caisse que l'employé. 



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