Alpes du Sud : Les Républicains, les militants ont la parole … ou presque

 Alpes du Sud : Les Républicains, les militants ont la parole … ou presque

POLITIQUE / Que ce soit dans les Hautes-Alpes ou dans les Alpes de Haute-Provence, le parti Les Républicains semble ne pas répondre aux attentes des militants et à certains élus.


- Alpes du Sud -


Après l’adieu à l’UMP, et la naissance de Les Républicains, la mue du parti de droite s’était construite autour de la volonté de laisser une plus grande place aux militants. Une volonté qui s’est très vite traduite par la mise en place de primaire, afin de prendre en compte la voix de la base.

Mais aujourd’hui, à trois mois d’élections majeures pour le parti, force est de constater que ces mêmes militants sont laissés sur le bord de la route des décisions, vers les élections régionales de décembre prochain.

 

Pas de président de parti dans les Hautes-Alpes

Au sortir des élections départementales, et malgré l’insistance du bureau national du parti, Henriette Martinez avait rendu son tablier de présidente, considérant avoir fait le job mais aussi fatiguée à l’idée de repartir sur le chemin de la construction d’un nouveau parti, ce qu’elle avait déjà fait lors de la création de l’UMP. Une décision irrévocable, qui laissa alors une place vide, rapidement convoitée, mais déjà prédestinée à un proche de l’ex-présidente : Arnaud Murgia, conseiller départemental de Briançon 2, lors d’un bureau politique départemental.

Une nomination jamais officialisée par Paris préférant la mise en place d’un statut de « chargé de mission » dans l’attente d’élections internes, prévues pour fin juin 2015, repoussées en septembre, puis finalement proposées pour l’après régionales en janvier 2016.

Six mois plus tard, les Hautes-Alpes sont toujours dans l’attente d’une validation de ce choix interne en faveur d’Arnaud Murgia. Mais entre-temps, rivalité oblige, celui-ci voit sa nomination torpillée par la représentante de la droite forte dans le département, Monique Para, (vice-présidente de la communauté d’agglomération « Gap en + grand » et ancienne secrétaire nationale de l’UMP), réclamant à son tour le poste de présidente de parti auprès des instances parisiennes.


Pourquoi tant d’atermoiement ?

Ou quand le jeu d’influence interne rentre en scène. Qui pourrait croire que le président de Les Républicains, Nicolas Sarkozy, souhaiterait un parti acquis à sa seule cause avec seulement des départements au courant Sarkozyste ? Peut-être Arnaud Murgia, lui qui soutient le courant de Bruno Le Maire, celui-ci se trouvant être également un concurrent à la primaire du parti pour les élections présidentielles de 2017. Un enjeu qu’a bien compris la Sarkozyste, Monique Para, en demandant à Paris de préférer sa nomination à celle du conseiller départemental de Briançon 2.

Conclusion : Les Républicains des Hautes-Alpes lancent aux adhérents un très mauvais message avant les élections régionales. Le parti n’est plus en ordre de marche et n’a plus aucun référent officiel. « Des militants Les Républicains, qui n’ont plus que Chantal Eyemoud (présidente de l’UDI 05 et tête de liste départemental UDI-Les Républicains) et Roger Didier, qui n’est pas encarté au parti, comme référent n’a aucun sens », nous confie un cadre du parti. « On nous avait promis un nouveau parti plus à l’écoute des militants. Résultat, la liste des départementales se construit sans leur demander quoi que ce soit. Le minimum serait d’organiser un comité départemental à l’approche des régionales », nous confie un élu. Reste aujourd’hui au secrétaire départemental, Victor Berenguel, à rapidement combler ce vide et relancer la machine démocratique de Les Républicains sous peine de connaitre une soulevée des militants comparable à celle des Alpes de Haute-Provence.


Le volte-face des militants dans les Alpes de Haute-Provence

« On est à deux doigts d’une révolte », voilà comment pourrait se résumer la situation dans le département, dixit un cadre du parti.

Depuis la nomination comme tête de liste départementale d’Éliane Bareille, par Christian Estrosi, rien ne va plus. À en croire un élu de Les Républicains, se basant sur les remontées des militants, « personne n’en voulait, elle a perdu sa dernière élection municipale et ne représente pas la victoire en tant que sortante à la région (…) mais on a accepté dans l’espoir que la liste soit équilibrée par la suite. » Résultat décrit à ce jour par un cadre du parti, « c’est tout le contraire qu’on nous annonce ! David Géhant, gentil garçon c’est vrai, mais sans réseau sur le département pour lancer une dynamique, et qui a perdu les élections départementales à Forcalquier. Quant à Henri Couillot c’est pire : illustre inconnu, qui n’incarne rien politiquement si ce n’est des défaites dans la vallée de l’Asse. Personne ne sait d’où il vient et ce qu’il fait ».

 

Eliane Bareille à la peine pour représenter tous les territoires

À ce jour, selon nos informations, la liste est constituée de David Géhant (Forcalquier), Henri Couillot (Vallée de l’Asse) et Guillaume Garcin (Sisteron), manque à l’appel dans ce triptyque le pays Dignois, le Pays Manosquin ou bien encore la vallée de l’Ubaye. Trois territoires au secteur économique (Manosque et l’Ubaye) et symbolique (Digne-les-Bains, ville préfecture) forts, absents non seulement de la liste, mais également de toute chance d’occuper des poste éligibles en cas de victoire de la droite - trois sièges seraient éligibles pour les Alpes de Haute-Provence à la région, en cas de victoire de la liste Christian Estrosi. Ndlr -.

 

Digne-les-Bains et Manosque relégués au second plan

Conclusion : Eliane Bareille fait face au mécontentement d’une partie des 800 adhérents de Les Républicains des Alpes de Haute-Provence, qui ne comprennent pas pourquoi sont laissés sur le bord de la route des élus comme Jean-Claude Castel, maire de Corbière et conseiller départemental, qui avait fait part sur Alpes 1 de son souhait de jouer un rôle dans cette campagne, tout comme l’adjoint à la culture de la communauté d’agglomération de Manosque, Pascal Antiq.

Jean-Claude Castel, également candidat à la présidence du parti dans le département, et invité sur Alpes 1 ce lundi, va plus loin et dénonce sans détour : « Les Républicains n’est pas un parti démocratique (…) J'ai peur qu'avec cette liste, on ne perde aux régionales »

Quant à Digne, si la ville devait être représentée sur la liste, ce n’était qu’en 4ème ou 5ème position. Inacceptable également sur le terrain militant.

« On nous ressort en permanence que les statuts du parti n’obligent en rien la tête de liste de prendre en considération le choix militant », s’offusquent plusieurs militants. « Il est passé où le grand discours sur le nouveau parti proche de la base, les militants sont aussi des votants et si on ne nous écoute pas aujourd’hui, les conséquences seront visibles en décembre prochain

Un contexte dans lequel le président du parti, Michel Lanfranchi, invité sur Alpes 1, ne souhaite pas rajouter de l’huile sur le feu. «  J’entends les critiques, mais mon rôle en tant que président est de fédérer tout le monde » et rappelle que « dès l’instant où Eliane Bareille a été désignée par le mouvement, c’est ma candidate. (…) Faire une campagne, c’est compliqué, Eliane Bareille fait ce qu’elle peut, et le patron c’est Christian Estrosi, mais nous devons être derrière eux et les soutenir ».


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