Hautes-Alpes : 3ème département le moins peuplé de France métropolitaine

Hautes-Alpes : 3ème département le moins peuplé de France métropolitaine

SOCIÉTÉ / Un fort ralentissement démographique, un emploi qui stagne depuis 2008, des emplois peu qualifiés et une vulnérabilité écologique plus forte, l’Institut Nationale de la Statistique et des Études Économiques vient de publier les statistiques sur le département des Hautes-Alpes entre 2011 et 2016.

 

- Hautes-Alpes -

 

Les Hautes-Alpes est le troisième département le moins peuplé de France métropolitaine en 2016. Ce sont les chiffres que l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques vient de publier avec plusieurs constats : un fort ralentissement démographique, un emploi qui stagne depuis 2008, des emplois peu qualifiés et une vulnérabilité écologique plus forte.

 

« La croissance de la population a fortement ralenti » dans le département Hauts-Alpins, d'après l'INSEE

Les tendances s’inversent dans les Hautes-Alpes au niveau de la démographie. En effet, entre 1982 et 2011, l’institut de la statistique a enregistré une vive progression. Vive, car plus rapide que celle de la région pendant cette période de 29 ans, ou même celle de la France métropolitaine. Mais en 2011, le phénomène bascule : la croissance de la population ralentit. Elle passe de 1,2 % par an à 0,4 %. Car si de tout temps, la croissance démographique haut-alpine n’a pas été portée par les naissances mais par l’apport migratoire, il est moins important dès 2011. Le département séduit moins, en particulier les jeunes qui lui préfèrent les grandes métropoles pour effectuer leurs études ou rechercher un premier emploi. Ainsi, entre 17 et 29 ans, on quitte les Hautes-Alpes. À partir de 30 ans, on y revient. 

Autre conclusion de l’INSEE, c’est Gap qui attire le plus. La capitale douce continue de gagner 0,4 % d’habitants par an, des habitants qui viennent s’y installer, séduits par les nombreux équipements. C’est une population plus âgée qui pose ses bagages, trois habitants sur 10 ont plus de 60 ans. Côté Briançon, l’apport migratoire est quasiment nul. Mais la population croit tout de même de 0,1 % par an grâce à des naissances plus nombreuses. Et pour cause, la population y est plus jeune pour occuper les nombreux emplois touristiques.

 

« Le ralentissement de la population s’accompagne d’une stagnation de l’emploi dans les Hautes-Alpes », INSEE

 

C’est là une chaîne de cause à effets : ces dernières années, le BTP a souffert d’un faible carnet de commandes. Moins de logements ont été construits, moins d’ouvriers ont donc été recrutés, - 20 % entre 2006 et 2016.

Autre conclusion, on n’est pas égal face à l’emploi selon la zone dans laquelle on se situe. À Gap, l’emploi se redresse, à Briançon, il fléchit. Le nombre d’emplois est revenu au même niveau que l’an 2000, il est même inférieur à la moyenne départementale. Et pour cause, le modèle économique se base essentiellement sur le tourisme : 30 % des emplois y sont liés, c’est deux fois plus que dans l’ensemble du département. Et la saison d’hiver reste prédominante. Sauf que le changement climatique met à mal l’enneigement, c’est donc le modèle reposant sur les sports d’hiver qui prend un coup. Et entre 2006 et 2016, les effectifs au sein de l’hébergement-restauration ont chuté.

Au contraire, la ville de Gap répartit mieux le tourisme sur l’année, avec un pic d’emploi entre juillet-août et février-mars. On a plus embauché dans l’hébergement-restauration avec des effectifs en hausse de 3 % sur 10 ans. Le Gapençais peut aussi compter sur le tertiaire non marchand pour doper ses chiffres, avec des emplois qui augmentent de 7 % depuis 2006. À l’inverse, Briançon en perd plus de 6 %. L’économie est donc principalement portée par le tourisme dans les Hautes-Alpes. Un secteur qui a davantage recours aux CDD, ils pèsent 16 % dans le panier, c’est deux fois plus qu’au niveau régional. Conséquence : cette saisonnalité favorise le travail à temps partiel, mais aussi les emplois peu qualifiés.

L’INSEE estime également que les niveaux de vie sont plus modestes dans les Hautes-Alpes qu’ailleurs dans la région. Le niveau de vie, en 2016, était de 19.950 euros contre 20.520 euros pour PACA. Un foyer sur deux a un niveau de vie modeste.

 

« Du fait du climat de montagne et de la taille des résidences principales, les dépenses pour chauffer convenablement son logement sont en moyenne deux fois plus élevées que dans l’ensemble de la région »

 

La vulnérabilité écologique est aussi plus forte dans les Hautes-Alpes, du fait du climat de montagne : un tiers des ménages est en situation de vulnérabilité, soit 20.000 foyers. C’est l’un des plus forts taux de France, et les dépenses pour chauffer convenablement son logement sont deux fois plus élevées que dans l’ensemble de la région.

 

C.Cava Michard / D. Denys



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