Hautes-Alpes : quatre militaires du 4ème RCH décèdent au Mali

Hautes-Alpes : quatre militaires du 4ème RCH décèdent au Mali
© 4ème régiment de chasseurs

SÉCURITÉ / 13 militaires sont décédés lors de l’accident en vol de deux hélicoptères de l’armée de Terre au Mali, pendant une opération de lutte terroriste

 

- Hautes-Alpes -

 

Quatre militaires du 4ème RCH sont décédés ce lundi soir au Mali lors de l’accident en vol de deux hélicoptères, un Tigre et un Cougar, durant une opération de combat contre des djihadistes. Il s’agit du capitaine Romain Chomel de Jarnieu, du maréchal des logis-chef Alexandre Protin, du maréchal des logis Antoine Serre et du maréchal des logis Valentin Duval. 13 militaires de cette opération Barkhane ont perdu la vie lors de cette opération dans le Liptako malien. Sur place, les opérations militaires se poursuivent.

 

 

« Un abordage entre ces deux aéronefs évoluant à très basse altitude serait à l’origine de l’accident », État-major

 

Selon les premiers éléments, les faits ont eu lieu peu avant 20h00, heure de Paris, ce lundi. « Selon toute vraisemblance, un abordage entre ces deux aéronefs évoluant à très basse altitude serait à l’origine de l’accident. Ils participaient à une opération d’appui aux commandos de la force Barkhane qui étaient au contact de groupes armés terroristes , explique ce mardi matin l’État-major. Les commandos traquaient un groupe de terroristes qui évoluaient en pick-up et à motos. Très rapidement, ils ont été renforcés par des hélicoptères et une patrouille de Mirage 2000. Un hélicoptère Cougar, avec six commandos de montagne et un chef de mission, a été engagé pour coordonner l’ensemble des moyens. Il devait aussi être en mesure de pouvoir assurer « l’extraction immédiate » d’un militaire au sol. Lors de manœuvre destinée à préparer l’engagement de l’ennemi, l’hélicoptère Cougar et un Tigre sont entrés en collision, vers 19h40, s’écrasant à courte distance l’un de l’autre. Aucun des militaires n’a survécu. Notez que toujours selon l’État-major, une opération de sécurisation de la zone est en cours. Il s’agit de l’un des plus lourds bilans humains essuyé par l’armée française depuis l’attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983. Au 2 novembre dernier, 28 soldats étaient décédés depuis le lancement en 2013 de l’opération Serval au Mali suivie de l’opération antiterroriste Barkhane.

© Ministère des Armées

 

L'opération Barkhane, en place depuis août 2014

C’est le 1er août 2014, sous François Hollande, que l’opération Barkhane a été lancée dans la bande sahélo saharienne, une zone aussi vaste que l’Europe. Elle a pris la suite des opérations Serval et Épervier. Ses missions sur zone sont multiples : lutter contre la menace terroriste en empêchant la reconstitution de zones refuges, accompagner les forces partenaires, appuyer les forces internationales et les actions en faveur de la population pour permettre un retour progressif à la normale.  

 

Dans la lutte terroriste, les militaires engagés sur place mènent des opérations pour réduire la liberté d’action des terroristes, et notamment les priver de leurs moyens de combat en démantelant leurs caches d’armement, de munitions, d’explosifs et de moyens de communication. Mais aussi en interdisant tout ravitaillement. 120 opérations de combat ont été menées en 2018 contre les groupes terroristes. Cette année, le 4ème Régiment de Chasseurs avait participé, en juin, à une action majeure baptisée ACONIT, l’un des plus beaux succès depuis les débuts de Barkhane. Une opération contre l’État islamique au Grand Sahel qui avait permis de mettre hors de combat plus d’une vingtaine de membres des groupes armés terroristes.  

4.500 militaires français au total sont déployés sur place. Quant au dispositif, il s’appuie sur trois points permanents : Gao au Mali, Niamey au Niger et N’Djamena au Tchad. En octobre dernier, le ministère des Armées annonçait que la France avait déployé sur place 19 hélicoptères, sept avions de chasse, trois drones, six à dix avions de transport tactiques et stratégiques, 260 véhicules blindés lourds, 360 véhicules logistiques et 210 véhicules blindés légers.

 

Le 4ème Régiment de Chasseurs dans l'opération Barkhane

Selon nos informations, près de 200 hommes ont été projetés au Mali, mais une partie est depuis revenue. Cet été, 600 hommes, soit 75 % des effectifs du 4ème RCH, ont été envoyés au Mali, en Côte d'Ivoire ou à Djibouti.

 

Les réactions 

Dans un communiqué ce mardi, la ministre des Armées, Florence Parly indique qu’une enquête est ouverte pour « déterminer les circonstances exactes de ce drame ». Elle rend hommage à ces  « 13 militaires morts pour la France ». Le Président de la République, Emmanuel Macron, « salue avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l’armée de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel ».

 

Quant au Ministre de l'Intérieur, originaire des Alpes de Haute-Provence, Christophe Castaner, il salue ces militaires qui « oeuvraient pour la paix et la sécurité, ils se battaient pour défendre nos valeurs ».

 

Pascale Boyer, députée des Hautes Alpes « salue le courage de ces héros tombés pour la France et qui ont donné leur vie pour préserver notre liberté et notre démocratie ». Autre récation, celle du député des Hautes-Alpes, Joël Giraud, « c’est avec une profonde tristesse que j’ai appris la disparition de 13 militaires français au Mali, dont 4 appartenaient au 4e régiment de chasseurs de Gap». « C’est un terrible drame qui touche la communauté de défense haut-alpine et qui endeuille tous ses habitants, fiers du courage des militaires engagés dans l’opération Barkhane », a déclaré Patricia Morhet-Richaud, sénatrice des Hautes-Alpes.

« Le 4è Régiment de Chasseurs et toutes les Hautes-Alpes sont très durement touchés par cette triste nouvelle. J’assure de mon soutien le plus total leurs familles, et tout particulièrement la maman de l’un d’entre eux, agent du Département des Hautes-Alpes », souligne Jean-Marie Bernard, président du Département des Hautes Alpes. « La commune de Puy Sanières est sous le choc !!! La commune lui rendra l’hommage qu’il mérite. Valentin, nous ne t’oublierons jamais et souhaitons vivement honorer ta mémoire et celle de tes frères d’armes, des Hautes-Alpes et de notre nation toute entière, morts avec courage au combat pour défendre nos libertés », annonce Valérie Rossi, maire de Puy Sanières qui est la commune natale de Valentin Duval, l'un des quatres militaires haut-alpins morts ce lundi au Mali.

Dans un communiqué, Monseigneur Xavier Malle évèque de Gap et d'Embrun apporte son soutien à tous les militaires et aux familles des victimes « Ma pensée et ma prière veulent rejoindre les familles de ces jeunes gens, et tout particulièrement des membres du régiment de Gap. Ce régiment voit tomber quatre des leurs ; je veux également manifester mon soutien, au nom des catholiques du diocèse de Gap, au chef de Corps, à tous les militaires et au personnel du 4e régiment de chasseurs»

 

L.R



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