Hautes-Alpes : les agriculteurs rencontrent à nouveau la préfète ce mercredi suite à leur "mur de la colère"

Hautes-Alpes : les agriculteurs rencontrent à nouveau la préfète ce mercredi suite à leur "mur de la colère"

AGRICULTURE / Ils signent là une action forte symbole d'un ras-le-bol face à la prédation. Le "mur de la colère" ainsi que la "ferme du désespoir" font leur retour dans les Hautes-Alpes, après l'action qui avait été menée en 2015

 

- Hautes-Alpes - 

 

C’est le retour du « mur de la colère », le retour aussi de la « Ferme du désespoir ». Une action qui avait pris place en septembre 2015 dans les Hautes-Alpes. La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont décidé de faire passer le message aux services de l’État par la manière forte : un mur a été dressé à l’entrée de la préfecture de Gap ce mardi matin. Déjà lundi soir, une 100aine de brebis avait pris place devant les grilles ainsi qu’un chapiteau. « La préfète n’a pas voulu monter dans le Valgaudemar, alors nous sommes descendus à elle », explique Alexandre Lagier, le co-président des Jeunes Agriculteurs. Il fait état d’une « pression qui monte dans la vallée », d’une situation « intenable » après que 97 carcasses de brebis aient été retrouvées la semaine dernière dans le secteur de Colombeugne à Villar-Loubière. La faute au loup selon les éleveurs à bout. C'est notamment le cas de Lucie Blanc, jeune aide familiale de 22 ans qui a perdu une vingtaine de brebis alors que ses bêtes se trouvaient dans un parc électrifié et qu'elle possède un chien patou : 

 

" Aujourd'hui, ça remet tout en question. Je ne me vois faire que ça mais maintenant, je me demande si ça vaut vraiment le coup " , L. Blanc

 

Une rencontre « sans avancées »

Alors que les syndicats d’exploitants agricoles avaient demandé une venue de la préfète dans le Valgaudemar, Cécile Bigot-Dekeyzer, en début de semaine, ils n’ont pas obtenu gain de cause. C’est donc une 40aine d’éleveurs qui ont fait le déplacement jusqu’à la capitale douce ce lundi après-midi pour être entendus. Un entretien qui a finalement pu se tenir avec les services de l’État mais aucune avancée n'a apaisée les mobilisés. Alexandre Lagier, co-président des Jeunes Agriculteurs 05 : 

 

" Les éleveurs se font attaquer et le seul moyen, c'est de partir avec une casserole et une cuillère en bois derrière le loup ", A. Lagier

 

En attendant la nouvelle rencontre qui aura lieu ce mercredi, à 15h30 avec le président de la Chambre d'Agriculture et les présidents des syndicats agricoles, la préféte soulève le sujet délicat de la demande des exploitants de pouvoir effectuer des tirs de défense dans le Parc National des Écrins. Cécile Bigot-Dekeyzer, préfète des Hautes Alpes :

 

" Les activités concernées au sein d'un parc national, c'est une décision qui doit être prise au niveau national et non, au niveau d'un préfet de département " Cécile Bigot-Dekeyzer, préfète des Hautes Alpes 

 

Des mesures dérogatoires avaient pourtant été prises

Le gouvernement l’avait promis : dès lors que la population de loups atteindrait son seuil de viabilité démographique, des mesures démographiques seraient prises. En juillet dernier, la population lupine a été estimée à 527 animaux et a donc atteint le plafond. Un arrêté ministériel a été pris, pour relever le seuil de destruction à 90 loups, soit 17 % de la population. Un taux qui pourrait être encore augmenté à 19 % soit 100 loups par décision du préfet coordonnateur.

Autres mesures : créer un cercle 0 pour les communes qui ont subi plus de 15 attaques sur les trois dernières années qui pourraient alors bénéficier d’un tir de défense mixte, pouvant être réalisé par trois tireurs en simultané ou d’un tir de prélèvement. Dans les Hautes-Alpes, les communes concernées sont Ceillac, Saint-Véran, Dévoluy et Montmaur

 

C. Lourenço / C. Michard



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