Hautes-Alpes : décès de deux migrants en 2018, les enquêtes classées sans suite par le Parquet de Gap

Hautes-Alpes : décès de deux migrants en 2018, les enquêtes classées sans suite par le Parquet de Gap

JUSTICE / Deux enquêtes diligentées pour rechercher les causes de la mort de Blessing Matthew le 7 mai 2018 et Mamadi Conde le 18 mai 2018.

 

- Hautes-Alpes -

 

Décès de deux migrants dans les Hautes-Alpes en 2018, les deux enquêtes classées sans suite par le Parquet de Gap. Deux enquêtes diligentées pour rechercher les causes de la mort de Blessing Matthew le 7 mai 2018 et Mamadi Conde le 18 mai 2018.

Le corps de Blessing Matthew avait été découvert le 9 mai dans la retenue d’eau d’un barrage hydroélectrique de la Durance à Saint Martin de Queyrières. L’enquête a été conduite par la section de recherches de la gendarmerie nationale de Marseille et la compagnie de gendarmerie nationale de Briançon. Le Procureur de la République Raphaël Balland souligne que cette enquête a permis d’établir avec certitude l’identité de la victime. Une jeune femme née en septembre 1997 au Nigéria, qui est donc décédée par noyade selon les constatations médico-légales. « L'enquête a également établi que la jeune femme a franchi illégalement la frontière dans la nuit du 6 au 7 mai 2018 par un passage indéterminé avec un groupe initialement composé de huit migrants. Puis, le groupe s'est scindé et la jeune femme n'était alors accompagnée plus que par deux autres hommes lorsqu'elle est arrivée à pied à hauteur du village de La Vachette vers six heures du matin » poursuit le Procureur. Des migrants qui étaient alors aperçus par une patrouille de gendarmes.

 

Des pratiques policières dénoncées par l'association Tous Migrants

À l’époque des faits, l’association Tous Migrants dénonçait la conduite des forces de l’ordre « lors d’une tentative d’interpellation » qui se serait conclue selon eux par ce drame. La préfète des Hautes-Alpes était même intervenue durant cette polémique, assurant de sa confiance et de son soutien aux forces de sécurité. Ce mardi, le parquet précise qu’il a spécialement chargé la section de recherches de déterminer précisément les conditions de ce contrôle. Elle a établi « que les gendarmes mobiles s'étaient faits identifier à haute voix aux fins de procéder au contrôle de ces trois personnes qui s'étaient alors enfuies en courant. Les gendarmes n'ont distingué que trois silhouettes dans la nuit, sans déceler qu'il y avait une femme. Conformément aux directives générales de leur commandant d'unité, ils n'ont pas entamé de course-poursuite, mais ont mis en œuvre un dispositif de recherche des trois migrants dans la zone de fuite, avec l'appui de renforts à pied et en véhicule ». Les gendarmes n’ont pas pu localiser Blessing Matthew. « Les circonstances précises dans lesquelles elle aurait chuté dans la Durance demeurent donc inconnues en l'absence de témoignage direct » ajoute le Parquet.

 

Une plainte contre X pour homicide involontaire déposée par la soeur de Blessing Matthew

En septembre dernier, une sœur de la jeune femme, domiciliée en Italie, a déposé plainte contre X pour « homicide involontaire, mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger accusant les forces de l'ordre d'avoir tendu un « véritable guet-apens » à l'encontre de personnes vulnérables dans un endroit dangereux ». Selon le Parquet de Gap, cette plainte évoquait le témoignage d’un homme prénommé Albert, qui aurait pris la fuite dans la nuit du 6 au 7 mai avec la jeune femme. Le Parquet qui indique avoir tenté de faire entendre ce témoin, en vain. La section de recherches de Marseille a finalement conclu à l'absence d'infraction susceptible d'être retenue à l'encontre des gendarmes mobiles. L’affaire a donc été classée sans suite.

 

Mamadi Conde, son corps retrouvé dans la forêt

Concernant le décès de Mamadi Conde, dont le corps avait été découvert par des promeneurs le 18 mai 2018 dans la forêt sur la commune de Montgenèvre, ce sont les gendarmes de la brigade de recherches de la compagnie de Briançon qui ont mené les investigations. Elles ont permis d’identifier la victime, Mamadi Conde, un homme né en janvier 1975 en Guinée. « L'autopsie et les examens postérieurs ont révélé que le décès n'était pas d'origine traumatique et à l'issue de l'enquête, aucune infraction n'était susceptible d'être retenue à l'encontre de quiconque » souligne le Parquet. Le dossier a donc été classé sans suite au motif d’absence d’infractions.

 

A. Vallauri

 

 



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