Hautes-Alpes : l'AFPA de Gap va fermer ses portes

Hautes-Alpes : l'AFPA de Gap va fermer ses portes

ÉDUCATION / L'annonce a été faite ce jeudi par la direction nationale. Argument avancé : les difficultés financières de la structure de formation professionnelle qui n'arrive plus à être compétitive

 

- Hautes-Alpes - 

 

L’AFPA de Gap pourrait fermer ses portes. Ce centre de formation professionnelle des adultes ferait partie de la liste de 38 centres que la direction nationale prévoit de supprimer, sur les 206 qu’elle gère. Sur les 10 centres représentés en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, trois sont menacés dont le site de Gap. Ce qui est mis en avant, ce sont les difficultés financières.

 

Une perte d’exploitation de plus de 70 millions d’euros

Le plus grand organisme de formation français se retrouve en effet en difficulté. Lui qui employait au 31 décembre dernier plus de 6.700 personnes en CDI s’attend à une nouvelle perte d’exploitation de plus de 70 millions d’euros. La direction nationale a donc annoncé ce jeudi la suppression de 938 postes d’ici fin 2020, mais aussi la fermeture de 38 de ses centres en France.

 

Pourquoi ce déficit ?

L’AFPA souffre de la concurrence. Déjà plusieurs fois renflouée par l’État, la réforme de la formation professionnelle en 2014 a imposé à ces structures d’être compétitives. Comprenez : assurer un réel accès vers l’emploi aux personnes formées. C’est donc la loi du marché qui s’est imposée, avec un système d’appel d’offres, le plus efficace et le plus compétitive remportant ainsi le marché. Une pression qui est devenue de plus en plus forte ces dernières années dans le secteur de la formation. Dans un communiqué, la direction de l’AFPA révèle que sa structure ne peut faire le poids. Un système expliqué dans des mots sobres, ce jeudi, au sein de l’assemblée plénière de la région par Yannick Chenevard, vice-président en charge de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

 

Gap sur la sellette, Roger Didier se tourne vers l’État… mais oublie la Région

Ce sont donc trois sites qui sont sur la sellette en région, dont celui de Gap. Le maire de la ville et vice-président du Conseil Régional, Roger Didier, a exprimé son émotion, craignant des conséquences catastrophiques pour la formation. Le centre forme, selon lui, en moyenne plus de 850 stagiaires par an, notamment dans le bâtiment. Et le taux d’accès à l’emploi dans les six mois des stagiaires est de 73 %.

Roger Didier se tourne donc vers les parlementaires des Hautes-Alpes et la préfète pour sauver cette structure. Sauf que l’élu semble oublier qu’à ce jeu de la réforme professionnelle, la région a également placé ses pions. Et dès le changement de majorité, le système d’appel d’offres s’est aussi imposé dans chaque département. Avec un chiffre simple : il faut que le taux d’accès à l’emploi, après la formation, soit de 80 %.

Une question se pose : l’AFPA à Gap a-t-elle été compétitive ? Contactée, la direction régionale n’a pas souhaité communiquer. Les syndicats et représentants du personnel doivent être consultés ce vendredi matin.

 

C. Michard

 



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