Hautes-Alpes : les mondes économique et politique accélèrent contre la limitation de vitesse

Hautes-Alpes : les mondes économique et politique accélèrent contre la limitation de vitesse

POLITIQUE / Opposés à l’abaissement de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, quatre organisations patronales des Hautes-Alpes et le parti Les Républicains demandent le retrait de la mesure.

 

- Hautes-Alpes -

 

Malgré la grogne, le gouvernement avait indiqué la semaine dernière qu’il ne ferait pas marche arrière : la limitation de vitesse à 80 km/h sur près de 2.000 km de routes secondaires à double sens dans le département des Hautes-Alpes, comme partout en France, sera bien mise en place au 1er juillet, avant un réexamen, en 2020.

Le Premier ministre, qui entend sauver par cette mesure « 300 à 400 vies par an », prenant appui sur les résultats d’une étude, jamais publiée ni présentée aux parlementaires, de deux ans d’expérimentation à 80km/h réalisée sur 86 km de routes nationales entre 2015 et 2017. Des arguments qui n’avaient déjà pas convaincu de nombreux élus locaux. Ainsi, dans une lettre ouverte au Premier ministre, les présidents de 28 départements déplorent une application rigide alors qu'ils proposaient des applications au cas par cas.

Des élus rejoints aujourd’hui par le monde économique des Hautes-Alpes (l’Union Pour l’Entreprise des Hautes-Alpes (UPE 05), la Direction Territoriale des Hautes-Alpes de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat PACA, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Hautes-Alpes, la Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics des Hautes-Alpes (BTP). Les Républicains qui, eux entament une grande campagne d’opposition au projet.

En savoir plus >>> Alpes du Sud : limitation de vitesse à 80km/h, des présidents à deux vitesses

 

« Incompréhension et opposition » pour le monde économique

Ainsi, dans un courrier adressé aux parlementaires du département et au Premier ministre, les quatre organisations apportent leur « entier soutien » à la position du président du Conseil Départemental Jean-Marie Bernard, et font part de leur « incompréhension et de leur opposition face à cette mesure qui va, une nouvelle fois, pénaliser fortement les chefs d'entreprise des Hautes Alpes qui luttent déjà au quotidien contre des temps de trajets conséquents en zone de montagne. »

 

« Comment attirer de nouvelles activités, voire même conserver celles existantes, si l'on ne cesse de cumuler les handicaps et les contraintes dans un département qui n'a déjà pas la chance d'être doté d'un réseau routier de deux fois deux voies et qui va, avec cette mesure, être confronté à un rallongement de la durée des temps de trajets. »

 

Une décision qui au regard des organisations patronales annonce « un mauvais coup porté à l’attractivité de notre territoire », synonyme de « frein à la croissance et à l’emploi » dû à une perte de temps et d’un coût supplémentaire pour les entreprises. « Cette décision va ainsi à l’encontre des investissements de transport réalisés en France qui sont principalement justifiés par les gains de temps qu’ils permettent » ajoutent les chambres consulaires qui demandent « le retrait » de la mesure.

 

« La sécurité c’est avant tout le bon état du réseau routier ! »

Du côté de Les Républicains, c’est le délégué de la 1ère circonscription des Hautes-Alpes, Kévin Para, qui lance l’offensive politique.  Ni périphérique, ni rocades, ni autoroute jusqu’à Gap et liaisons Gap-Grenoble … Pour LR 05 « ce ne sont peut-être que quelques minutes de plus pour de petits trajets mais pour nos artisans et tous ceux qui doivent rouler pour travailler, ce sont chaque semaine, plusieurs heures de travail en moins. » Une décision « très coûteuse » du fait des modifications qu’elle va nécessiter, « alors que cet argent devrait plutôt être investi dans l’entretien et l’amélioration de notre réseau routier. Car la clef de la sécurité, c’est avant tout le bon état du réseau routier ! »

 

« C'est Philippe qui voulait cette mesure »

Dans son article publié dans Le Monde, ce mardi 13 mars, il semblerait qu’il y ait un point de divergence sur le sujet entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe.

 

« C'est Philippe qui voulait cette mesure, assure un intime. Beaucoup lui ont conseillé de l’appliquer de manière plus fine, plutôt que de le faire de manière uniforme. »

 

Si du côté du Premier ministre on porte fièrement la mesure, du côté du président c'est un peu moins assumé. La semaine dernière, Le Canard Enchaîné listait les inquiétudes des députés de La République En Marche : les mesures ciblent, selon eux, uniquement la France rurale, ce qui déplaît aux conducteurs et ne sera jamais respectée par les usagers. Selon Le Monde, qui cite un intime d’Emmanuel Macron, le président se montrerait plus « sensible » que le Premier ministre à ces réticences.

 

A.Cam



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