Hautes-Alpes : une rencontre artistique sur son lit d'hôpital

Hautes-Alpes : une rencontre artistique sur son lit d'hôpital

CULTURE / Les patients choisissent un texte, une chanson, une fable dans un menu élaboré pour éveiller la curiosité.

 

- Hautes-Alpes -

 

Un instant artistique dans sa chambre d’hôpital. C’est le projet Murmures né d’un partenariat entre le Chicas, La Passerelle et la compagnie Cassandre. Quatre artistes chanteurs, comédiens et musiciens se promènent dans les différents services hospitaliers à la rencontre des patients volontaires. Une rencontre souvent chargée d’émotions. Des patients qui choisissent un texte, une chanson, une fable dans un menu élaboré pour éveiller la curiosité.

 

 

C’est la mission d’une scène nationale : la culture pour tous. Et la faire entrer à l’hôpital semblait évident. « C’est, à notre sens, le lieu le plus démocratique qui soit. On ne choisit pas d’être malade. On ne choisit pas d’être hospitalisé. Ça brasse tous les milieux sociaux », explique Sophia Kechichian, la directrice artistique du Théâtre La Passerelle de Gap.

 

« C’est quelque chose qui est de l’ordre du bouleversement intime », S. Valignat

 

Un projet né en 2016 et qui se concrétise enfin, avec la compagnie Cassandre en résidence artistique jusqu’en 2019 avec le théâtre gapençais. C’est il y a un an que le metteur en scène Sébastien Valignat trouva le concept. En se baladant dans les rues d’Avignon, il vit deux artistes chanter à l’oreille d’un passant. L’idée de Murmures est née.

 

 

Un instant de répit, de vie, de joie

Les premiers services hospitaliers à accepter le projet ont été la gérontologie, la chirurgie et la réanimation. Désormais, ils sont une dizaine à vouloir accueillir ces artistes. Ils interviennent uniquement dans les chambres des patients volontaires : un intermède de 5 minutes dans leur journée rythmée par l’organisation des soins. « On s’envole tous pendant trois minutes. C’est un moment d’une humanité incroyable », raconte la violoniste Sandrine de Rosa. Des artistes qui retiennent le sourire sur le visage d’une femme en fin de vie, les étoiles dans les yeux d’une patiente italienne quand elle entend Bambino de Dalida. Des fables de La Fontaine, des chansons du monde ou pour enfants, d’autres de Barbara, Georges Brassens, ou encore de Michèle Bernard qui rappellent des souvenirs, apportent un instant de plaisir, un moment privilégié. « Ça a même fait sortir des chambres des gens qui n’en sortaient jamais », fait remarquer Nathalie, animatrice au service de gérontologie au Chicas de Gap.

 

« Cette petite parcelle d’art, qui forme une bulle magique, elle est porteuse d’émotions », S. Kechichian

 

L’instant proposé et vécu dépasse la qualité artistique estime Sébastien Valignat : « Il m’arrive de chanter faux, mais ce n’est pas le plus important ». C’est ce partage inattendu, dans une chambre d’hôpital, qui l’est. Un moment presque thérapeutique, car tellement bénéfique. « Ça remet la fonction de l’art au cœur de pourquoi il y a de l’art », estime la pianiste Jeanne Garraud.

Un bienfait pour près de 720 patients. Une opération jusqu’en avril prochain, mais que tous veulent déjà renouveler. Après deux sessions en décembre et en janvier, une autre se déroule du 5 au 7 février et du 16 à 18 avril. Une opération à 15.000 euros, financée à 6.000€ par la DRAC, 5.000€ par La Passerelle et à 4.000€ par le Chicas.

 

Le reportage d’Aurore Vallauri :



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