Hautes-Alpes : la grande descente des Radeliers de la Durance

Hautes-Alpes : la grande descente des Radeliers de la Durance

CULTURE / Entre L'Argentière-la-Bessée et Embrun replongez dans l'histoire antique des Hautes-Alpes, le long de la Durance.

 

- Hautes-Alpes -

 

Quatre embarcations avec 9 radeliers courageux à leur bord vont réaliser une prouesse, en domptant la Durance ce samedi et dimanche après-midi dès 14h  Une tradition, une histoire, un moyen de transport, un métier que des passionnés, regroupés en association depuis 1993 (Les Radeliers de la Durance), font revivre lors de cette reconstitution historique annuelle. Un devoir de mémoire pour ce métier ancestrale. 

 

Savoir dompter la Durance 

Samedi, ils relieront L'Argentière-la-Bessée à Saint-Clement-sur-Durance. Dimanche, les 2 embarcations vont relier en 2 heures les 17 kms qui les séparent de la page sud d'Embrun, une navigation dure qui ne laisse aucune place à l'approximation. De nombreux Hauts-Alpinsseront sur les berges de ce long parcours, pour admirer la dexerité des capitaines. "Ce n'est pas la manœuvre qui est compliquée, c'est la lecture de la rivière, savoir comment se placer à l'avant pour passer un rapide. Il faut savoir anticiper, afin de deviner où l'on sera 200 mètres plus loin", indique Dominique Goninet, capitaine d'une des embarcations de l'année 2016.  À l'époque il parcourait plus de 250 kms en 3 à 5 jours.

 

 

Un devoir de mémoire 

Dès l’Antiquité et jusqu’à la fin du XIXème siècle, le flottage sur la Durance a permis notamment l’acheminement des grumes de bois de Guillestre jusqu’à Arles (Bouches du Rhône), en passant par Sisteron, sur plus de 260 km de voies navigables. Durant des siècles, évitant les routes et les chemins caillouteux de montagne, ils ont utilisé des radeaux pour l’acheminement de troncs de mélèzes, pins cembro ou d’épicéas du Queyras, ou les sapins des forêts domaniales locales comme bois d’œuvre et de charpente, bois de chauffage, mais aussi comme bois de marine. 

De par leur qualité, les chantiers navals de la Méditerranée (Toulon) ont ainsi beaucoup consommé de bois de la Haute-Durance, du XVIIème au XIXème siècle, pour la construction de pièces plus ou moins grandes pour les bateaux de la Royale (mâture, gréements, bordés et ponts ou rames de galères). 

Mais la radellerie fut aussi une aventure humaine. Des marins de rivière de tous âges, lancés quotidiennement à l’assaut des eaux tumultueuses et parfois dangereuses de la Durance pour le transport de ces bois si précieux pour l’économie et le prestige militaire du pays. Un métier qui vit son apogée à l’avènement du chemin de fer à la fin du XIXème siècle et à l’aménagement de véritables routes carrossables. 

 

 

A l'époque des Radeliers, arrivé à bon port, ils vendaient tout le bois et ce qu'il pouvaient. Ils revenaient simplement avec leurs cordes. Aujourd'hui, l'association des Radeliers de la Durance garde leur bois pour l'année prochaine. Pour cette édition 2017, ils ont promis une grande fête.

 

Henri Gelas, président de l'association Les Radeliers de la Durance :

 

Programme de l'édition 2017 : 

Samedi 27 mai : départ à 9h30 de L’Argentière-la-Bessée vers Saint-Clément-sur-Durance

Dimanche 28 mai : départ à 14h de Saint-Clément-sur-Durance vers Embrun



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