Hautes-Alpes : début d'une grève de ras-le-bol des agents de Gap

Hautes-Alpes : début d'une grève de ras-le-bol des agents de Gap

SOCIAL / Grève illimitée dès ce jeudi au sein de la ville de Gap, contre la dégradation des conditions de travail et l'absence de dialogue avec les responsables politiques, dont le maire Roger Didier

 

- Hautes-Alpes -

 

Ils étaient une centaine d’agents de la ville de Gap ce jeudi matin, devant les services techniques, pour lancer un mouvement de grève illimité. Des agents municipaux qui dénoncent l’absence de dialogue avec les élus, les décisions arbitraires, des conditions de travail qui se dégradent. « En 35 ans, c’est la 1ère fois que je fais grève », « En 25 ans, ça s’est fortement dégradée », « Il n’y a aucune humanité », nous confient plusieurs agents grévistes, qui préfèrent rester anonymes. L’un n’hésite pas à parler d’ailleurs de « dictature » du maire de Gap, Roger Didier. Ce jeudi, le ramassage des ordures, le nettoyage des rues et ¼ des cantines scolaires ont été impactés par ce mouvement de grève. Les bus Linéa pourraient aussi l’être dès ce vendredi.

 

Silence radio

Après le dernier Comité Technique Paritaire du 14 avril, les syndicats FSU, CGT et CFDT ont écrit une lettre ouverte à tous les élus. « Nous n’avons pas eu une seule réponse. Nous avons donc déposé un préavis de grève illimité. »  Des représentants du personnel amers de ne pouvoir dialoguer sereinement avec leurs employeurs. « C’est vraiment un manque de respect du personnel. En plus, on s’aperçoit qu’aujourd’hui il n’est pas sur la ville de Gap. Ou on est là, ou on dit à son premier adjoint de venir », s’en prend ouvertement au maire le conseiller municipal d’opposition des Tous Capables GAUCHE Joël Reynier. « On est pas loin d’un syndrome France Télécom », n’hésite-t-il pas à dire pour qualifier le malaise au sein des services de la ville, en référence aux suicides et burn-out qui ont touché l’entreprise de télécoms ces-dernières années.

 

 

 

Joël Reynier, conseiller municipal d’opposition, Tous Capables GAUCHE :

 

Depuis son arrivée aux commandes, la situation sociale se serait dégradée au sein de la ville de Gap. « On est loin du fonctionnement de Pierre Bernard-Reymond [maire de Gap de 1989 à 2007, ndlr.], qui était plus père de famille », regrette Joël Reynier. Les agents dénoncent des mesures d’économies au détriment de la qualité du travail : baisse des moyens humains, des moyens matériels, des avantages. « On veut toujours faire plus, mais avec moins. Ça a des limites », constate un gréviste du Centre communal d’action sociale.

 

 

Le serpent qui se mord la queue

Mais à l’origine de ce mouvement de  grève, le projet de plan contre l’absentéisme porté par la municipalité. Il prévoit, selon la CGT et la FSU, des retenues sur salaire, ou encore des suppressions de jours de congés. « Il n’y a pas de discussion, de concertation. Nous ne sommes pas contre le contrôle des agents en arrêt maladie, mais là on punit les agents malades. Ce n’est basé que sur la répression », dénonce une représente de la FSU. « Je crois qu’il faut déjà regarder les causes de l’absentéisme. Il faut se poser les bonnes questions », insiste le conseiller d’opposition Joël Reynier.

Pour ces grévistes, c’est un effet boule de neige regrettable. « La collectivité crée les conditions de la maladie », dénonce un syndicaliste CGT soutenu par Pascale Boyer, la conseillère départementale d’opposition sur Gap-1 : « Les contraintes sont tellement fortes que personne n’ose plus rien dire. Alors la solution, ce n’est pas l’arrêt maladie, mais on peut comprendre qu’il y ait beaucoup d’agents qui n’en peuvent plus, qui sont obligés de souffler. »

 

Pascale Boyer, conseillère départementale d’opposition sur Gap-1 :

 

Un ras-le-bol qui ne semble, pour l’instant, pas trouvé d’écho chez les élus de la majorité. Ce n'est que par un mail que le maire Roger Didier répond aux sollicitations de la rédaction, expliquant ne pas souhaiter "s'exprimer en pleine période d'élections présidentielles". Pas de réponse non plus quant à une possible rencontre avec le personnel, "j'espère que ce mouvement ne perturbera pas trop la vie quotidienne de mes concitoyens et rappelle à toutes et tous que la notion de service public doit prévaloir en toute circonstance".

 



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