Alpes de Haute-Provence : le numérique et le loup au cœur du conseil départemental

Alpes de Haute-Provence : le numérique et le loup au cœur du conseil départemental

POLITIQUE / Le débat devait porter sur les orientations budgétaires, mais le consensus sur ce sujet étant à l’ordre du jour entre élus de la majorité et de l'opposition, le numérique et le loup ont pris le dessus dans les discussions.

 

- Alpes de Haute-Provence -

 

Ce vendredi matin se tenait l’assemblée départementale des Alpes de Haute-Provence, avec un sujet qui sera revenu régulièrement au cœur des discussions : le numérique sous toutes ses formes et le manque d’avancées en faveur du département. Un débat autour du numérique qui a débuté dès la présentation de l’orientation budgétaire du Département.

 

« La situation budgétaire de notre Département s’est renforcée »

Jean-Christophe Pétrigny, 4ème vice-président délégué aux finances et au tourisme, amorce le débat sur un état de fait, partagé par les groupes d’opposition LREM et indépendant : « les finances du Département s’assainissent, la dette baisse depuis 2017. » Une baisse « qui est amorcée depuis 1998 » rectifie Jean-Yves Roux, conseiller départemental d’opposition et sénateur. Manière de rappeler que « ce n’est pas que le travail de la majorité actuelle qui a permis d’assainir les comptes du Département. » Mais, au-delà, Christophe Pétrigny s’inquiète sur l’avenir du global de l’institution.

Selon l’élu, « pour financer la suppression de la taxe d’habitation, le gouvernement envisage de transférer la taxe sur le foncier bâti aux communes. » Autre crainte la « nationalisation » des DMTO  (droits de mutation à titre onéreux, ndlr) « dans ce contexte le département serait le principal perdant de cette réforme, s’il devait voir la quasi-totalité du levier fiscal lui échapper. » Il n’en faut pas plus pour Jean-Christophe Pétrigny de voir l’État « tout faire pour voir disparaitre les conseils départementaux de France. »

 

Une fracture numérique qui met en danger le Département

Une situation budgétaire du Département qui « se renforce », mais un débat sur l’orientation de ce même budget qui n’aura pas lieu, pour se tourner directement en direction de la question du numérique dans le département. C’est Sophie Balasse, conseillère départementale du canton de Forcalquier d’opposition (LREM), qui remet en avant le retard de l’arrivée du numérique dans le territoire. Suivi sur ce sujet par Jean-Yves Roux, qui oriente farouchement ses critiques vers l’engagement du SMO PACA THD envers les territoires des Alpes du Sud. Une instance chargée de l'aménagement numérique visant à garantir un accès équitable des citoyens à la société de l'information, dont le sénateur se demande s’il ne faudrait pas en sortir comme semblerait le souhaiter, d'autres départements, afin de profiter directement des aides de l’État et des engagements prient avec les opérateurs.

 

« Si notre département n’est pas connecté en haut débit, nous sommes morts », René Massette, président (PS) du conseil départemental.

 

Mais, Sophie Vaginay, conseillère départementale (LR) de la majorité et membre du SMO PACA, ne l’entend pas de la même oreille, constatant aussi du retard sur le développement, justifié par des déshérences juridiques qui « rentreront rapidement dans l’ordre. » Alors Jean-Yves Roux a-t-il raison d’envisager une sortie du SMO PACA THD ?

 

Une motion en faveur de la régulation du loup

Une motion présentée par Roger Masse, conseiller départemental (LR) sur le canton de Barcelonnette, qui déplore une augmentation considérable par rapport à 2017 avec +13% d’attaques et + 33% de victimes. « 94 communes ont été touchées ainsi que 174 exploitations », regrette l’élu et dénonçant « une situation devenue intolérable, générant une angoisse et une souffrance psychologique de nos éleveurs. » Roger Masse qui pointe des moyens de protection mis en œuvre « peu efficaces ou insuffisants face à des loups qui adaptent leurs comportements et ne craignent plus l’homme. » En conséquence la majorité dépose une motion demandant à l’État :

De porter « cette tragédie » à la connaissance des autorités européennes pour « faciliter la régulation des loups. »

De prendre « toutes les mesures pour trouver un équilibre entre la préservation de l’élevage et la prédation. »

D’autoriser les tires de prélèvements simples et les tirs de prélèvement renforcés « chaque fois que nécessaire. »

 

« Le gouvernement est complice de ce massacre envers les éleveurs », Sophie Vaginay.

 

Le gouvernement complice ? Une affirmation qui n’aura pas choqué l’une des représentantes de la politique du gouvernement, la députée (LREM) et conseillère départementale de la majorité, Emmanuelle Fontaine-Domeizel, qui n’aura pas corrigé les propos de Sophie Vaginay.

Motion que ne votera pas Sandrine Cosserat, conseillère départementale d’opposition sur le canton de Château-Arnoux-St-Auban, qui craint une dérive de l’esprit de la motion vers le souhait de voir « éradiquer le loup. » Autres abstentions : Brigitte Reynaud, élue de la majorité sur le canton de Reillanne et Serge Carel, élu d’opposition, Canton de Digne-les-Bains 2 

 

« Si on voulait tuer l’élevage on ne s’y prendrait pas autrement », Jean-Claude Castel.

 

Une motion sur ce même thème qui sera également proposée lors du prochain communautaire de Durance-Luberon-Verdon Agglomération (DLVA), précise de son côté Jean-Claude Castel, conseiller départemental (LR) de la majorité et élu au sein de l’agglomération.

 

A.Cam



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