Alpes de Haute-Provence : présidentielle, S.Ginet désavoué par C.Estrosi et N.Sarkozy

Alpes de Haute-Provence : présidentielle, S.Ginet désavoué par C.Estrosi et N.Sarkozy

POLITIQUE / Au lendemain de l’annonce du président LR 04 de faire barrage à Emmanuel Macron en votant blanc ou FN, le silence de la base politique dans le département devient assourdissant. Quand, au même moment, le désaveu politique vient de Paris directement. La question se pose aujourd’hui de savoir jusqu’à quel point la position du président de la fédération LR 04 est encore tenable ?

 

- Alpes de Haute-Provence -

 

Invité ce mardi soir d’Au Bout de l’Actu, le président Les Républicains des Alpes de Haute-Provence et candidat aux législatives, Sébastien Ginet a pris tout le monde de court en annonçant que son adversaire pour ce second tour des élections présidentielles était « la gauche » et celui qu’il considère comme son candidat Emmanuel Macron. Pas de vote pour l’ancien Ministre de l’Économie pour Sébastien Ginet, pas d’appel au front républicain non plus, et une hésitation pour celui qui représente la voix LR dans les Alpes de Haute-Provence : voter blanc ou voter Marine le Pen.

En savoir plus >>> Alpes de Haute-Provence : Second tour de la Présidentielle. Pas de front républicain pour les élus LR

 

La possibilité du vote FN, ou comment le président de la fédération est sur le point de «  faire sauter la digue »

Sébastien Ginet ne pourra pas se cacher derrière une nouvelle erreur de jeunesse cette fois. Les mots ont été lâchés, sans aucune ambiguïté. Des mots qui attestent, qu’outre la possibilité de voter pour le FN au second tour de la présidentielle,  le Parti frontiste n’est plus le même : « Marine le Pen n’est pas Jean-Marie le Pen », déclarait hier le président de la fédération sur Alpes 1. Une déclaration qui valide par la même occasion la thèse d’un FN aujourd’hui dédiabolisé, devenu plus fréquentable avec l’arrivée à sa tête de Marine le Pen.

Une position loin d’être partagée par le président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Christian Estrosi, qui avait lui-même avait validé la candidature LR de Sébastien Ginet pour les législatives de juin prochain, lorsqu’il était encore président de la commission nationale d’investiture.

 

Triple désaveu et avis d’exclusion pour Sébastien Ginet

Le premier désaveu date de lundi, suite au bureau politique de LR qui avait  adopté une déclaration de compromis en vue du second tour. « Face au Front National, l’abstention ne peut être un choix. Nous appelons à voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour de l’élection présidentielle, et nous engagerons dès demain la campagne des législatives avec notre projet d’alternance, le seul capable de redresser la situation de la France ».

1er désaveu suivi aujourd’hui de celui de Christian Estrosi. Le président du Conseil Régional, invité ce mercredi matin de France Inter, déclarait ne pas vouloir que son parti « soit flou. Sans ça, ça veut dire que le pacte fondateur voulu par Jacques Chirac de l'UMP en 2002 pour pouvoir faire barrage en toutes circonstances au Front national et qu'il n'y ait pas la moindre porosité avec le Front national, va exploser purement et simplement et je ne veux pas que ce pacte explose ».

 

« Tous ceux qui ne feront pas le choix très clair de faire voter pour ne pas faire barrage à Marine Le Pen doivent être exclus » C.Estrosi

 

Enfin, le dernier désaveu date de ce mercredi midi, alors que le mentor politique de Sébastien Ginet,  Nicolas Sarkozy clarifie sa position dans un message écrit sur son compte Facebook. Considérant que « l'élection de Marine Le Pen et la mise en œuvre de son projet entraîneraient des conséquences très graves pour notre pays et pour les Français », l’ancien chef de l’État et ancien candidat pour la primaire de la droite et du centre annonce suivre la ligne de François Fillon et d'une majorité des cadres du parti de la droite, et annonce voter au second tour pour Emmanuel Macron. Un choix qu’il veut « de responsabilité qui ne vaut en aucun cas un soutien à son projet. Je veux d’ailleurs rappeler qu’au mois de juin prochain, à l’occasion des législatives, les Français auront à nouveau la possibilité de faire le choix d'une alternance véritable en portant leurs suffrages sur les candidats investis par la droite et le centre. »

 

Un silence coupable des élus et d’un parti dans les Alpes de Haute-Provence

Une déclaration du président de la fédération qui résonne aujourd’hui dans un vide politique suspect. Ni le parti, ni les élus, ni les soutiens de Sébastien Ginet pour les législatives n’ont à cette heure dénoncé ce qui semblait encore hier impassable.

Seule contestation visible, celle du candidat (DVD) aux législatives dans la première circonscription, Bruno Bourjac qui qualifie ce choix du président des LR 04 « ahurissant, il met en péril l'existence même de la droite républicaine. » Une contestation limitée, puisqu’au-delà, celui-ci dénonce l’inutilité du front républicain et appelle à  ne voter ni pour Emmanuel Macron, ni pour Marine le Pen.

Pour le reste, ni la vice-présidente de la région et secrétaire départementale LR 04, Eliane Barreille, ni le maire de Sisteron, également directeur du comité de soutien de la campagne de Sébastien Ginet, Daniel Spagnou, ni les conseillers régionaux du département n’ont semblé nécessaire de dénoncer les propos du président LR 04. Enfin que dire de la suppléante aux élections législatives de Sébastien Ginet, élu départementale UDI, Clotilde Berki, qui avant de rejoindre sa candidature, avait tourné le dos à son binôme de l’époque, Jean-Claude Castel. Car jugé par elle comme dissident et en désaccord avec la ligne de la droite et du centre…  



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