Alpes de Haute-Provence : Second tour de la Présidentielle. Pas de front républicain pour les élus LR

Alpes de Haute-Provence : Second tour de la Présidentielle. Pas de front républicain pour les élus LR

POLITIQUE / Les heures passent depuis le premier tour de la Présidentielle, et certains élus prennent position pour le second tour. Une ambiance politique bien éloignée de 2002 et de l’avènement du FN au second tour face à Jacques Chirac.

 

- Alpes de Haute-Provence -

 

Si à la suite des résultats du premier tour de l’élection présidentielle ce dimanche soir, de nombreux ténors de Les Républicains, à commencer par François Fillon mais aussi Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Jean-François Copé, Christian Estrosi, ont instantanément appelé à voter pour Emmanuel Macron au deuxième tour, les tenants de la ligne dure, dont Laurent Wauquiez et Eric Ciotti se sont contentés de demander aux électeurs de ne pas s'abstenir et de ne pas voter pour Marine Le Pen, sans pour autant appeler nommément à voter pour Emmanuel Macron.

Le lendemain à Paris, il aura fallu des heures de discussion pour que les membres des instances de direction parviennent à un compromis élaboré par des orfèvres en rédaction : « Face au Front National, l’abstention ne peut être un choix. Nous appelons à voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour de l’élection présidentielle, et nous engagerons dès demain la campagne des législatives avec notre projet d’alternance, le seul capable de redresser la situation de la France ». Un texte qui ne mentionne pas non plus un vote en faveur d’Emmanuel Macron.

 

2002-2017, l’urgence face au FN n’est plus la même

Quand à 20h, le 21 avril 2002, le visage de Jean-Marie Le Pen s'affiche sur les écrans de télévision, à côté de celui de Jacques Chirac, la France était comme groggy face à l’inattendu, avec des lendemains d’appel à l’union politique (hors Lutte Ouvrière) pour voter en faveur de Jacques Chirac. Le tout soutenu par des manifestations spontanées un peu partout en France contre le FN.

Quinze ans plus tard, face à la présence de Marine le Pen au second tour, pas de manifestations dans une France habituée aux scores à deux chiffres du Front National. Avec comme toile de fond politique les atermoiements d’une gauche insoumise qui n’appelle pas au front républicain et une droite qui se déchire sur la ligne à tenir et dont l’objectif se résume par un « cap sur les législatives ».

 

« Appeler à voter E.Macron, c’est se tirer une balle dans le pied pour les législatives »

Ainsi résument, à visages cachés, plusieurs élus Les Républicains du département. Un calcul politique, doublé d’un brin de cynisme, qui met à mal l’opposition qui est censée exister entre la droite et le FN, suggérant ainsi que l’urgence de 2017 n’est plus celle de 2002…

« Cap sur les législatives », c’est également la position du président du parti dans les Alpes de Haute-Provence, et candidat sur la 2ème circonscription, face à Christophe Castaner, Sébastien Ginet. Pour l’élu « le vote à gauche n’a jamais été un rempart, mais plutôt un tremplin pour le Front National. » Ajoutant que « chacun votera dans 15 jours en son âme et conscience. Les consignes de vote constituent une pratique dépassée et condamnée par nos concitoyens. »

 

« À titre personnel, je ne voterai pas pour Emmanuel Macron. » S.Ginet

 

L’élu d’opposition de Forcalquier, qui au passage ne précise pas non plus dans son communiqué s’il s’abstiendra ou votera blanc, sans dénoncer ou montrer une farouche opposition à la politique de Marine le Pen… Et à cette absence d’opposition claire, la question est donc aujourd’hui de savoir si Sébastien Ginet, président de Les Républicains, serait sur le point de franchir l’impossible aveu d’une convergence cachée avec Marine le Pen ?

En savoir plus >>> L’invité d’Au Bout de l’Actu : « Marine le Pen n’est pas Jean-Marie le Pen », S. Ginet n’exclut pas le vote FN

 

Au delà, pour Sébastien Ginet, le 3ème tour de la présidentielle se jouera bien en juin prochain lors des législatives, « j'appelle tous les électeurs de droite à ne pas se résigner et à se mobiliser fortement pour les prochaines élections législatives, afin de nous donner une majorité pour gouverner la France. C'est le seul moyen d'éviter la poursuite du désastreux quinquennat de François Hollande ».

Une position partiellement partagée par le conseiller régional (LR) des Alpes de Haute-Provence, David Gehant, qui annonce « voter blanc pour le second tour de la présidentielle. » Rejetant clairement de son côté « la politique du FN », tout en refusant de voter pour Emmanuel Macron, « un candidat parfaitement inconnu, mis en orbite en moins d’un an par le triptyque finance-médias-justice. » Celui-ci souligne également que « l’idée de voter en faveur de la continuité du quinquennat de François Hollande me donne la nausée. » Position derrière laquelle se range le centriste et conseiller départemental de Manosque, Jacques Brès.

 

« S'il y avait un risque Marine le Pen j'aurais voté. Mais je veux me démarquer de cette collusion pouvoir-finance-médias » J.Brès.

 

Pascal Antiq, référent de François Fillon, lors de la campagne présidentielle, élu à la ville et l’agglomération de Manosque, dénonce de son côté une élection présidentielle comme un « rapt démocratique, et je n'ai pas l'intention d'en être le complice au deuxième tour . C'est une des raisons pour laquelle je ne voterai pas pour M.Macron. Je voterai blanc. »

Du côté de la représentante des Jeunes LR, Sandra Raponi annonce que pour elle se sera « ni l’extreme, ni la gauche, mon vote sera blanc. »

Autre point de vue en désaccord radical avec le front républicain, et sur le point de fracturer la digue entre la droite et le FN avec le conseiller départemental et maire de Corbières, également candidat à l’élection législative, Jean-Claude Castel. « Je n’en peux plus de ces élus LR qui se précipitent à appeler à voter Macron ! ils n’ont aucune colonne vertébrale, ils ne pensent tous qu’à leurs émoluments et à leurs carrière ! les français s’en foutent. » Une déclaration suivie d’une annonce pour le vote du second tour, celui-ci annonce voter « blanc » ou « Marine (…) je vais voir ce qui se dit pendant les quelques jours qui reste », conclu l’élu.

Un tour d’horizon à droite qui passe aussi par Sisteron et son maire, Daniel Spagnou, qui laconique y va de son dicton :

 

 

Des positions qui pourraient se résumer par "chacun est libre de son propre choix", mais gare à celui qui sortirait des rangs et dont le vote pour Emmanuel Macron serait interprété par une partie des troupes LR comme une offre de service au candidat d'En Marche !

 

Notez que Sébastien Ginet sera l'invité d'Au Bout de l'Actu ce soir dès 18h.



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