C’est une page qui se tourne à Briançon. Le maire Alain Bayrou démissionne. Il a, semble-t-il, voulu couper l’herbe sous le pied du Conseil d’Etat qui devrait décider fin juillet d’une annulation du scrutin de mars 2008 et l’invalidation d’Alain Bayrou pour 12 mois.
« J’ai décidé parce que je suis extrêmement fatigué depuis 17 ans de vivre contentieux sur contentieux ça devient ingérable. Le Conseil d’Etat joue au yo-yo il est impossible de créer une ambiance de travail pour pouvoir se préparer aux échéances », nous a expliqué Alain Bayrou.En attendant, c’est la première adjointe Michelle Scotti qui assurera l’intérim. Elle sera chargée de convoquer un conseil municipal sous 15 jours afin d'élire un nouveau maire, à moins que le Conseil d'Etat ne prononce la dissolution du Conseil avant cette échéance.
Alain Bayrou a annonce qu’il souhaite désormais se consacrer à sa vie professionnelle et familiale. Il évoque également la mise en cause de sa gestion lorsqu’il était président du Conseil Général des Hautes-Alpes qui fait actuellement l’objet d’une instruction devant la justice. "Quand on regarde où nous en sommes 5 ans après la plainte. Si j’avais été mis en examen vous l’auriez su" dit-il ironiquement.
A peine l’annonce de la démission tombée, les premières réactions se sont multipliées.
Pour Michel Sylvestre élu Modem à l’origine du recours en annulation des élections, "Cette démission est un aveu que M. Bayrou a triché. Aujourd’hui, je pense cette démission est un manque de responsabilité, il met son équipe en difficulté à l’ouverture de la saison touristique. Je suis surpris que M Bayrou dit que le Conseil d’Etat fait du yo-yo avec la ville de Briançon. L’audience a été reportée à sa demande. J’attends avec sérénité le jugement du Conseil d’Etat."
Catherine Guigli, conseillère PC se « réjoui de la démission de M. Alain Bayrou. Les communistes ont toujours combattu la politique de M. Bayrou et critiqué ses méthodes brutales de gouvernance. Certainement par orgueil, celui-ci préfère ne pas attendre la décision du Conseil d'État. Elle appelle toute la gauche dans son plus large rassemblement à se saisir de cette opportunité pour proposer une politique alternative à Briançon. »
Pour le conseiller général PS Gérard Fromm, « la position de M. Bayrou est extrêmement politicienne, en attendant la décision du Conseil il fuit en espérant influencer les juges. Il aurait été plus courageux et plus responsables de rester à son poste jusqu’au bout ».